Le syndrome coronarien chronique est la manifestation clinique persistante ou stabilisée de la maladie coronarienne. Il comprend le patient présentant des symptômes d'apparition récente mais d'évolution non aiguë, celui dont la coronaropathie est déjà documentée, le sujet stabilisé après un infarctus ou une revascularisation et le patient présentant une dysfonction ventriculaire d'origine ischémique. La définition inclut aussi bien les sténoses épicardiques obstructives que les mécanismes non obstructifs comme la microcirculation et le vasospasme. Le terme « chronique » indique un parcours continu d'évaluation et de prévention, et non une affection définitivement résolue.
Le syndrome résulte de l'interaction entre anatomie, physiologie et vulnérabilité. Une sténose peut limiter le flux pendant l'effort, mais son degré angiographique ne prédit pas parfaitement l'ischémie ; des plaques modestes peuvent se rompre et provoquer un événement aigu. Le risque pronostique dépend donc de la charge athéroscléreuse, de la fonction ventriculaire et des comorbidités, en plus des symptômes. Une personne présentant un angor fréquent peut avoir un risque relativement faible ; une personne asymptomatique avec atteinte du tronc commun ou fraction d'éjection réduite peut avoir un risque élevé. Les symptômes et le pronostic sont considérés comme des objectifs distincts.
Le parcours diagnostique ne commence pas par un examen, mais par une probabilité clinique. Les caractéristiques de l'inconfort, l'âge, le sexe, les facteurs de risque, l'ECG, la fonction ventriculaire et la maladie vasculaire modifient la probabilité de coronaropathie obstructive. Sur cette base, on décide de ne pas effectuer de test, de recourir à l'angio-TDM, de choisir une imagerie fonctionnelle ou de procéder à une coronarographie. Le test doit être susceptible de modifier le diagnostic, le traitement ou l'évaluation du risque. Un résultat apparemment discordant impose de réévaluer la qualité de l'examen et les mécanismes, plutôt que d'enchaîner automatiquement les examens.
Le traitement associe la prévention des événements, le contrôle des symptômes et la prise en charge des comorbidités. Les lipides, le tabagisme, la pression artérielle, le diabète, l'activité physique et l'observance agissent sur l'ensemble de l'arbre artériel ; les médicaments antiangineux réduisent la demande ou améliorent le flux ; l'ICP et le pontage traitent certaines anatomies sélectionnées ; un stent ne remplace pas le traitement préventif et un traitement médical n'exclut pas la revascularisation lorsqu'elle est nécessaire. Les décisions sont partagées en expliquant le bénéfice attendu sur la survie, l'infarctus, l'angor et la qualité de vie.
L'athérosclérose commence par la rétention intimale de lipoprotéines contenant l'apoB, leur modification lipidique et une réponse inflammatoire. Les plaques se développent de manière focale ou diffuse, se calcifient et remodèlent la paroi ; la lumière peut rester relativement préservée jusqu'à des stades avancés. Le LDL et le non-HDL reflètent l'exposition athérogène, tandis que la lipoprotéine(a) ajoute un risque athérothrombotique et calcifiant en partie génétiquement déterminé. Le tabagisme, l'hypertension, le diabète et la maladie rénale accélèrent la dysfonction endothéliale, l'inflammation et la progression de la plaque.
Une sténose épicardique entraîne une chute de pression proportionnelle à sa géométrie et au flux. Au repos, l'autorégulation artériolaire peut maintenir la perfusion ; pendant l'effort, lorsque les vaisseaux résistifs sont déjà dilatés, la réserve s'épuise et l'ischémie apparaît ; les lésions longues, en série et la maladie diffuse produisent des gradients différents de ceux d'une sténose focale. La FFR en hyperémie et les indices non hyperémiques tels que l'iFR mesurent la conséquence fonctionnelle, mais le résultat doit être corrélé aux symptômes, au territoire et à la microcirculation.
La microcirculation régule la majeure partie de la résistance coronaire. Le remodelage artériolaire, la raréfaction, la fibrose périvasculaire et la dysfonction endothéliale réduisent la CFR ; le spasme microvasculaire provoque une constriction dynamique. Le diabète, l'hypertrophie, l'inflammation et la ménopause peuvent y contribuer, sans définir à eux seuls le diagnostic ; la dysfonction peut coexister avec des sténoses et expliquer un angor après une ICP apparemment réussie. Une CFR basse associe une composante épicardique et microvasculaire ; les indices de résistance et les tests vasoactifs aident à distinguer les endotypes.
La demande myocardique augmente avec la fréquence cardiaque, la contractilité et la tension pariétale. L'hypertension et la dilatation augmentent le coût de chaque systole ; la tachycardie raccourcit la diastole, pendant laquelle prédomine la perfusion du ventricule gauche. L'anémie et l'hypoxie réduisent le contenu artériel en oxygène ; les bêtabloquants, la réduction de la postcharge et l'entraînement peuvent augmenter le seuil ischémique sans modifier la plaque. Le seuil varie d'un jour à l'autre selon la température, les repas, le stress autonome, le sommeil et la prise des médicaments.
L'ischémie entraîne une diminution de l'ATP, l'accumulation de métabolites, une altération de la relaxation puis une dysfonction systolique. Les modifications de l'ECG et la douleur apparaissent plus tard dans la cascade ischémique, mais la séquence n'est pas rigide. Une ischémie diffuse peut ne pas produire d'anomalie régionale nette et diminuer la sensibilité de certaines méthodes ; des épisodes prolongés entraînent une nécrose ; des épisodes répétés provoquent un stunning, tandis qu'une hypoperfusion chronique peut contribuer à l'hibernation myocardique. La cicatrice et le remodelage deviennent un substrat d'insuffisance cardiaque et d'arythmies même lorsque l'angor disparaît.
La vulnérabilité de la plaque explique qu'un syndrome chronique puisse se déstabiliser. La rupture, l'érosion et la thrombose dépendent de la composition et de l'inflammation, en plus du degré de sténose ; de nombreuses lésions responsables d'un infarctus n'étaient pas auparavant sévères ; les statines, l'arrêt du tabac et le contrôle des facteurs de risque réduisent le risque dans l'ensemble du lit vasculaire. L'ICP corrige un problème focal de flux, tandis que la prévention traite le processus diffus à l'origine de nouveaux événements coronariens, cérébraux et périphériques.
Les facteurs non athérosclérotiques comprennent le vasospasme, le pont myocardique, les anomalies coronaires, les séquelles de dissection et les vascularites. Le pont peut comprimer le segment intramyocardique surtout en cas de tachycardie et de diastole courte ; sa présence anatomique fréquente n'implique pas qu'il soit causal ; le diagnostic exige une concordance entre physiologie, symptômes et territoire. Le traitement ne peut pas être calqué sur celui d'une sténose athéroscléreuse : les dérivés nitrés peuvent aggraver certains ponts, tandis que les inhibiteurs calciques sont essentiels dans le vasospasme.
La circulation collatérale se développe en réponse à des gradients chroniques et peut préserver la viabilité au repos, mais normalise rarement complètement la réserve à l'effort. Sa présence explique la tolérance de certaines occlusions et modifie le risque interventionnel, car une collatérale peut dépendre du vaisseau traité. L'angiographie décrit les dimensions et les connexions, tandis que la physiologie évalue la conséquence fonctionnelle. La décision de recanaliser une CTO tient compte des symptômes, de l'ischémie, de la viabilité, de la complexité et de la probabilité de succès.
La fonction endothéliale intègre les lipides, le tabagisme, la pression artérielle et l'inflammation. Une réponse vasodilatatrice altérée ou une constriction paradoxale réduit le flux et favorise la thrombose ; l'exercice, les statines et le contrôle des facteurs de risque peuvent l'améliorer. La vasomotricité varie selon les segments et au cours du temps ; une sténose fixe et un spasme peuvent coexister dans le même vaisseau ; ce chevauchement explique les épisodes au repos chez un patient présentant un angor d'effort et impose un traitement combiné.
La maladie peut être non obstructive, obstructive focale, pluritronculaire ou diffuse. Le tronc commun et l'interventriculaire antérieure proximale sous-tendent de vastes territoires ; la dominance modifie la masse à risque. Le score SYNTAX décrit la complexité angiographique mais ne remplace pas l'âge, le diabète, la fraction d'éjection, la fragilité et le risque opératoire ; les calcifications, les bifurcations, les occlusions chroniques et les petits vaisseaux influencent la faisabilité de l'ICP. Le pontage crée des conduits alternatifs, mais la perméabilité des greffons et la progression de la maladie native déterminent l'évolution.
Les scénarios cliniques comprennent la suspicion de coronaropathie avec symptômes stables, l'insuffisance cardiaque ischémique, la phase stabilisée après un SCA ou une revascularisation, la maladie de longue durée et l'ANOCA/INOCA. Chaque scénario a une probabilité différente et répond à une question diagnostique différente ; après un SCA, le risque thrombotique et la durée de la DAPT sont centraux ; à long terme, la prévention, les symptômes et la surveillance clinique prédominent. Chez le patient sans obstruction, un diagnostic fonctionnel est nécessaire plutôt que la répétition d'angiographies dépourvues d'informations sur le mécanisme.
L'étendue anatomique ne coïncide pas avec la charge ischémique. Une sténose sévère avec collatérales peut être bien tolérée ; une maladie diffuse modérée et une microcirculation altérée peuvent largement réduire la réserve. La TEP et l'IRM cardiaque quantitative détectent une réduction globale qu'une comparaison régionale peut sous-estimer. La FFR évalue le vaisseau pendant l'hyperémie et l'iFR pendant une fenêtre diastolique au repos. Les discordances ne sont pas automatiquement des erreurs, mais l'expression de physiologies différentes à intégrer.
Les plaques évoluent par croissance, hémorragie intraplaque, calcification et possibles épisodes de thrombose subclinique avec cicatrisation. Le traitement peut stabiliser leur composition et réduire leur contenu lipidique, alors que la lumière varie peu ; le score calcique coronaire tend à augmenter même sous statine et n'est pas utilisé isolément pour juger d'un échec thérapeutique. La progression clinique est évaluée à partir des événements, des symptômes, de la fonction et des objectifs thérapeutiques, et non en répétant le score calcique chez un patient dont le diagnostic est déjà connu.
Après un infarctus, la nécrose est remplacée par une cicatrice; le ventricule peut se dilater et devenir moins efficace. Une ischémie résiduelle, une régurgitation mitrale fonctionnelle et des arythmies aggravent le tableau. Une récupération de la fonction après reperfusion ou traitement indique un stunning ou un remodelage inverse, et non la disparition du risque ; la fraction d'éjection est réévaluée après un intervalle approprié avant toute décision concernant des dispositifs. L'IRM cardiaque quantifie la cicatrice et le tissu viable lorsque cette information modifie la stratégie.
Après une ICP, la resténose se manifeste généralement par un retour progressif des symptômes, tandis que la thrombose de stent peut se présenter comme un événement aigu. Après un pontage, les sténoses des greffons veineux et la progression des vaisseaux natifs augmentent avec le temps ; les greffons mammaires ont une durabilité différente ; une douleur après revascularisation ne démontre pas un échec mécanique: les anomalies de la microcirculation, le vasospasme et les causes non cardiaques sont fréquents. L'anatomie est réévaluée lorsque la probabilité et les conséquences thérapeutiques justifient l'examen.
La trajectoire est modifiée par l'observance, l'accès aux soins, la fragilité et les comorbidités. La maladie rénale augmente les calcifications, le risque hémorragique et les contraintes liées au produit de contraste ; le diabète favorise la maladie diffuse et microvasculaire ; le cancer peut modifier le risque thrombotique et les priorités ; chez le sujet âgé, l'autonomie et l'espérance de vie sont intégrées au risque interventionnel sans utiliser l'âge comme unique critère. Le suivi ne consiste pas seulement à surveiller les coronaires, mais à assurer une prise en charge longitudinale de la personne.
Le phénotype de maladie diffuse peut être reconnu par un rétrécissement long, un calibre réduit et un gradient physiologique progressif. Il n'offre pas toujours une cible focale pour l'ICP et rend le traitement préventif et antiangineux plus important ; le pontage peut contourner de longs segments s'il existe une cible distale adéquate. La présence de plaques diffuses augmente le risque systémique même lorsqu'aucune sténose ne dépasse un seuil conventionnel.
Les plaques calcifiées peuvent nécessiter une modification du calcium par des techniques dédiées avant la pose d'un stent ; une préparation insuffisante entraîne une sous-expansion, tandis qu'une préparation agressive augmente le risque de dissection et de perforation. L'imagerie définit l'arc et la profondeur des calcifications et guide le choix du diamètre ; la complexité technique entre dans le choix entre ICP et pontage. Une procédure techniquement possible n'est pas automatiquement préférable si la probabilité d'une revascularisation complète ou durable est faible.
Le symptôme classique est un inconfort thoracique profond, oppressif ou constrictif, provoqué par l'effort, le froid, un repas ou le stress et disparaissant en quelques minutes au repos. L'irradiation vers le bras, l'épaule, la mandibule, le dos ou l'épigastre est fréquente mais non obligatoire ; une sensation de brûlure n'exclut pas un angor et une localisation ponctiforme le rend moins probable. La reproductibilité du seuil est informative ; des variations récentes imposent d'exclure une instabilité.
La dyspnée à l'effort peut être un équivalent ischémique, la conséquence d'une dysfonction diastolique transitoire ou un signe d'insuffisance cardiaque. Elle doit être distinguée d'une bronchopneumopathie, d'une anémie, de l'obésité, du déconditionnement et de l'hypertension pulmonaire ; la fatigue et la diminution de la capacité fonctionnelle ont une faible spécificité, mais une modification reproductible avec l'effort augmente la suspicion. Le journal des activités précise ce que le patient ne parvient plus à faire et ce qu'il évite.
La classification CCS mesure la limitation fonctionnelle : classe I pour un angor uniquement lors d’efforts intenses, classe II pour une limitation légère, classe III pour une limitation marquée et classe IV pour l’impossibilité d’effectuer une activité sans symptômes ou pour un angor au repos. Elle ne mesure ni l’ischémie, ni l’anatomie, ni le pronostic ; la classe peut s’améliorer parce que le patient réduit son activité et doit donc être associée à une évaluation fonctionnelle. Le Seattle Angina Questionnaire quantifie la fréquence, la limitation, la qualité de vie et la satisfaction à l’égard du traitement.
Chez les patients diabétiques et âgés peuvent prédominer des symptômes atypiques ou une absence de douleur en raison d'une neuropathie, du seuil perceptif et des comorbidités. Les femmes présentent plus fréquemment des mécanismes non obstructifs, mais elles peuvent également avoir une coronaropathie épicardique et ne doivent pas être orientées automatiquement vers des diagnostics fonctionnels ; la probabilité est calculée sans stéréotypes. Des palpitations ou une syncope pendant l'effort imposent de rechercher des arythmies, une sténose aortique et des cardiomyopathies en plus de l'ischémie.
Un examen normal n'exclut pas le syndrome. Des signes d'athérosclérose systémique, des souffles carotidiens, des pouls diminués ou un indice cheville-bras bas augmentent le risque ; des xanthomes suggèrent des dyslipidémies sévères. Des râles, un troisième bruit, une turgescence jugulaire et un œdème indiquent une insuffisance cardiaque ; un souffle aortique ou mitral peut expliquer ou aggraver les symptômes. La pression artérielle aux deux bras, la fréquence cardiaque et la recherche d'une hypotension orthostatique sont nécessaires avant de titrer les médicaments antiangineux.
Une douleur prolongée au repos, un crescendo rapide, des sueurs, une syncope, une hypotension ou une dyspnée aiguë orientent le tableau vers un syndrome coronarien aigu. L'ECG et la troponine ne sont pas différés au motif que le patient a un diagnostic chronique connu ; une diminution plus lente du seuil peut dépendre d'une progression, d'une resténose, d'une anémie, d'une arythmie ou de la non-prise des médicaments. Le changement par rapport à l'état basal est souvent plus informatif que l'intensité absolue.
La qualité de vie est influencée par la peur de l'effort, la dépression, l'insomnie et les restrictions professionnelles ; ces facteurs peuvent amplifier le symptôme et réduire l'observance, mais ne remplacent pas la recherche d'une ischémie ; une explication claire du rôle des médicaments, de la sécurité de l'activité physique et des signes d'alerte réduit les conduites d'évitement. La réadaptation offre un environnement contrôlé pour récupérer des capacités, vérifier le seuil et prendre en charge les déterminants psychosociaux.
Chez un patient atteint d’une maladie rénale, d’une neuropathie ou d’un diabète, la présentation peut être paucisymptomatique. Une dyspnée, une diminution des capacités fonctionnelles et une congestion doivent être comparées à l’état basal ; une élévation persistante de la troponine peut indiquer une lésion myocardique chronique et doit être interprétée dans le contexte clinique, tandis qu’une variation dynamique atteste une lésion aiguë. La fréquence des causes concomitantes augmente avec les comorbidités. Une démarche rigoureuse évite à la fois de méconnaître une ischémie et d’attribuer tout symptôme à la maladie coronaire connue.
Après une revascularisation, la signification de la douleur dépend du temps. Dans les premières heures, on exclut une occlusion et des complications ; dans les semaines suivantes interviennent la cicatrisation, le péricarde et l'adaptation ; après des mois ou des années, une resténose, une atteinte des greffons et une progression deviennent plus plausibles ; une douleur thoracique non ischémique après sternotomie peut persister. La description du nouveau symptôme par rapport au symptôme antérieur augmente la précision diagnostique.
L'anamnèse précise la durée, les facteurs déclenchants, le seuil, l'irradiation, la réponse aux dérivés nitrés et les variations récentes. L'ECG de repos peut montrer des ondes Q, des anomalies ST-T, des blocs ou une hypertrophie, mais peut être normal. La NFS, la créatinine, les électrolytes, l'HbA1c et les lipides identifient les facteurs précipitants, les paramètres de sécurité et les objectifs thérapeutiques. L'échocardiogramme évalue la fraction d'éjection, la cinétique, les valves et les diagnostics alternatifs. La radiographie, la TSH, la spirométrie ou d'autres examens sont guidés par le tableau clinique et ne sont pas inclus automatiquement.
La probabilité clinique de coronaropathie obstructive utilise l'âge, le sexe et la nature des symptômes, puis elle est modifiée par les facteurs de risque, l'ECG, la dysfonction ventriculaire, la maladie vasculaire et le calcium coronaire. Les estimations historiques surestimaient la prévalence contemporaine et produisaient de nombreux faux positifs ; lorsque la probabilité est très faible, une imagerie coronaire peut ne pas être nécessaire. En cas de probabilité faible ou intermédiaire, l'angio-TDM est souvent le premier choix ; en cas de probabilité élevée ou de coronaropathie connue, un test fonctionnel peut mieux répondre à la question clinique.
L'angio-TDM décrit les sténoses, les plaques calcifiées et non calcifiées, le remodelage et l'anatomie. La qualité nécessite une fréquence cardiaque contrôlable, une apnée et l'administration de produit de contraste ; des calcifications massives produisent un blooming et peuvent surestimer le rétrécissement ; un résultat négatif de haute qualité possède une forte valeur d'exclusion. Les sténoses intermédiaires ou les segments non évaluables nécessitent une intégration avec la FFR-CT, l'imagerie de stress ou la coronarographie, en évitant de considérer automatiquement chaque plaque comme la cause de la douleur.
L'imagerie fonctionnelle documente l'ischémie et le territoire à risque. L'échocardiographie de stress évalue la cinétique, l'IRM cardiaque la perfusion et la cicatrice, la SPECT la distribution relative et la TEP le flux absolu et la CFR. Le choix et les seuils dépendent de la méthode ; un pourcentage d'ischémie n'est pas interchangeable entre les tests. L'ECG d'effort mesure la capacité fonctionnelle, les symptômes, la réponse tensionnelle et les arythmies, mais il est moins précis pour les sténoses et n'est pas interprétable avec certains tracés de base. L'atteinte d'une charge d'effort adéquate est nécessaire pour qualifier de négatif un test d'effort.
La coronarographie est indiquée en cas de symptômes sévères, de haut risque, de dysfonction ventriculaire ou de forte suspicion non résolue. Les sténoses visuellement intermédiaires sont évaluées par FFR ou iFR avant la pose d'un stent, sauf contre-indication ou preuve anatomique non équivoque dans des contextes appropriés ; le pullback physiologique distingue un gradient focal d'un gradient diffus et aide à prévoir le bénéfice de l'ICP. L'IVUS et l'OCT optimisent le dimensionnement, l'expansion et l'apposition du stent, réduisant les erreurs mécaniques.
En présence de coronaires non obstructives et de symptômes persistants, une évaluation de la CFR, de la résistance microvasculaire et de la réponse à l'acétylcholine permet d'identifier une dysfonction indépendante de l'endothélium, un spasme épicardique ou microvasculaire. La TEP ou l'IRM cardiaque quantitative offrent des alternatives non invasives pour l'évaluation du flux, mais le test invasif permet un phénotypage plus complet. L'identification d'un endotype guide le traitement médicamenteux et réduit l'étiquetage de douleur non cardiaque. Le test est réalisé dans des centres experts et uniquement si son résultat modifie la prise en charge.
Le diagnostic final devrait préciser la présence et l'étendue de la maladie, sa significativité fonctionnelle, la fonction ventriculaire, le mécanisme des symptômes et le niveau de risque. Un « test positif » sans ces informations est insuffisant ; une discordance impose de contrôler les artefacts, la probabilité, la maladie diffuse et la microcirculation. La réévaluation ne répète pas mécaniquement le même examen : elle choisit la méthode capable de lever l'incertitude résiduelle.
L'IRM cardiaque de stress associe perfusion, fonction et cicatrice et n'utilise pas de rayonnements ionisants, mais exige la compatibilité du patient, sa coopération et une gestion appropriée du gadolinium. La TEP mesure le flux absolu et peut distinguer une réduction globale ; sa disponibilité est plus limitée. La SPECT bénéficie d'une vaste expérience et d'une valeur pronostique, mais l'atténuation et la comparaison relative peuvent créer des artefacts. Le choix ne suit pas un classement abstrait : il sélectionne la méthode la plus fiable pour ce patient et cette question clinique.
L'évaluation invasive implique un produit de contraste, une irradiation, un abord vasculaire et de rares complications coronaires. L'abord radial réduit les saignements dans de nombreux contextes, tandis que l'abord fémoral peut être nécessaire pour des dispositifs d'assistance ou de gros calibre ; le consentement inclut la possibilité qu'aucune ICP ne soit réalisée si l'évaluation physiologique est négative. Une coronarographie diagnostique ne doit pas conduire automatiquement à un traitement sans avoir clarifié les objectifs et les alternatives.
L'arrêt du tabac est l'une des interventions les plus efficaces et peut nécessiter une substitution nicotinique, de la varénicline ou du bupropion selon les contre-indications. Les activités d'endurance et de renforcement musculaire sont prescrites progressivement ; le régime méditerranéen privilégie les végétaux, les légumineuses, les céréales complètes, le poisson et les graisses insaturées ; le poids est pris en charge sans régimes extrêmes et la réadaptation augmente les capacités fonctionnelles et l'observance. La vaccination antigrippale et la prise en charge de la santé bucco-dentaire et mentale complètent une approche préventive globale.
Le traitement hypolipémiant utilise une statine de haute intensité ou à la dose maximale tolérée, avec ajout d'ézétimibe, d'un inhibiteur de PCSK9 ou d'autres agents si le LDL reste au-dessus de la cible adaptée au risque. La réponse est évaluée après l'instauration puis périodiquement ; la pression artérielle est contrôlée en évitant une hypotension susceptible d'aggraver la perfusion ou le risque de chute. Chez les patients diabétiques, les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes du GLP-1 sont choisis lorsqu'ils sont indiqués pour leur bénéfice cardiovasculaire et rénal, au-delà du contrôle glycémique.
L'aspirine est généralement utilisée en cas de coronaropathie athéroscléreuse connue ; le clopidogrel constitue une alternative dans certaines situations. Après une ICP, la durée de la DAPT est proportionnée à la présentation, à la complexité et au risque hémorragique ; chez les patients sous anticoagulant, les associations sont abrégées ; une stratégie à double voie associant aspirine et rivaroxaban à dose vasculaire est réservée à certains patients présentant un risque ischémique élevé et un faible risque hémorragique. Toute intensification nécessite une indication explicite et une date de réévaluation.
Le traitement antiangineux est personnalisé. Les bêtabloquants sont utiles en cas de tachycardie, après un infarctus récent, en présence d'arythmies ou de dysfonction ventriculaire ; les inhibiteurs calciques traitent l'angor et l'hypertension et sont essentiels dans le vasospasme. Les dérivés nitrés à action prolongée nécessitent un intervalle sans nitrate afin de limiter la tolérance ; la ranolazine a peu d'effet sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque, mais ses interactions et l'allongement du QT doivent être pris en compte ; l'ivabradine nécessite un rythme sinusal et une fréquence cardiaque appropriée. La réponse est mesurée sur le nombre d'épisodes, l'activité et la qualité de vie, et non uniquement sur la dose prescrite.
L'ICP améliore l'angor en présence de sténoses fonctionnellement significatives, mais dans la maladie stable elle n'offre pas de bénéfice universel sur la mortalité ou l'infarctus par rapport au traitement contemporain. Le pontage peut offrir un bénéfice dans les anatomies complexes, l'atteinte du tronc commun et certains groupes sélectionnés, notamment en cas de diabète ou de fonction ventriculaire altérée ; une Heart Team compare la complétude de la revascularisation, sa durabilité, le risque et les préférences du patient. Le consentement doit distinguer clairement le bénéfice symptomatique du bénéfice pronostique et tenir compte du fait que l'effet placebo et les attentes influencent les résultats rapportés par les patients.
Le suivi vérifie les objectifs, la tolérance, l'observance et l'apparition de nouveaux symptômes. La répétition d'examens en l'absence de changement clinique n'améliore pas automatiquement les résultats et peut conduire à des revascularisations inutiles ; une nouvelle dyspnée, une diminution des capacités fonctionnelles, une arythmie ou une insuffisance cardiaque nécessitent un ECG, une échographie et des examens choisis selon la question clinique. Le patient doit savoir comment utiliser un dérivé nitré, quand appeler les secours et comment gérer ses médicaments avant une intervention, en évitant toute interruption de sa propre initiative.
Le pronostic est favorable chez les patients ayant une fonction ventriculaire conservée, une faible charge athéroscléreuse et des facteurs de risque contrôlés, mais il devient défavorable en présence d'une fraction d'éjection réduite, d'une atteinte du tronc commun, d'une maladie pluritronculaire, d'une maladie rénale, d'un diabète et d'une athérosclérose polyvasculaire. Un angor fréquent influence plus directement la qualité de vie et les hospitalisations que la mortalité ; le risque résiduel est réduit, mais non supprimé. Une prévention efficace exige une continuité pendant des années et une adaptation aux transitions liées à l'âge, à la fragilité et aux comorbidités.
Le contrôle de la pression artérielle exige un équilibre : des valeurs élevées augmentent la demande myocardique et le risque, mais une pression diastolique très basse peut réduire la perfusion coronaire, surtout en présence de sténoses et de rigidité artérielle. Les mesures à domicile et la recherche d'une hypotension orthostatique guident la titration ; la fréquence cardiaque est contrôlée sans provoquer d'incompétence chronotrope invalidante. Les objectifs standards sont adaptés à la fragilité, aux symptômes et à la tolérance documentée.
En cas de maladie rénale ou hépatique, les doses et les associations nécessitent une révision. Certains médicaments antiangineux et antithrombotiques s'accumulent ou interagissent ; le suivi biologique est programmé après les modifications thérapeutiques. Chez le patient diabétique, une hypoglycémie peut simuler ou précipiter des symptômes et doit être prévenue ; le meilleur traitement est celui qui est efficace et soutenable dans le contexte des comorbidités. La conciliation médicamenteuse à chaque transition réduit les erreurs entre l'hôpital et les soins ambulatoires.
La rupture ou l'érosion d'une plaque peut provoquer un SCA, un infarctus ou une mort subite même à partir d'une lésion auparavant non sévère. L'apparition d'une douleur au repos ou en crescendo modifie le parcours et le traitement ; la thrombose de stent est rare mais grave et favorisée par l'interruption du traitement antiplaquettaire, la sous-expansion et les facteurs thrombotiques. La resténose se manifeste plus souvent par des symptômes progressifs et nécessite une démonstration anatomique et fonctionnelle avant une nouvelle intervention.
La cardiomyopathie ischémique résulte de la cicatrice, du remodelage et parfois de l'ischémie ou de l'hibernation myocardique. L'insuffisance cardiaque, la régurgitation mitrale, la maladie rénale et la congestion aggravent réciproquement le pronostic ; le traitement comprend les traitements de fond de l'insuffisance cardiaque et les dispositifs lorsqu'ils sont indiqués, en plus de l'évaluation coronaire. Une aggravation brutale impose de rechercher une ischémie aiguë, une arythmie, une infection, une embolie et des problèmes d'observance.
Les arythmies ventriculaires peuvent naître de la cicatrice; la fibrillation atriale est favorisée par l'âge, l'insuffisance cardiaque et l'hypertension. Une syncope et une tachycardie soutenue nécessitent une évaluation urgente ; des extrasystoles isolées ne définissent pas le risque hors contexte. L'anticoagulation pour fibrillation atriale modifie la stratégie antiplaquettaire. La bradycardie et les blocs peuvent limiter les médicaments antiangineux et nécessitent une réévaluation avant d'envisager un stimulateur cardiaque.
Le saignement gastro-intestinal ou intracrânien augmente avec les associations antithrombotiques, l'âge, la maladie rénale et l'anémie. L'abord radial, la durée minimale efficace, la gastroprotection chez les patients à risque et le contrôle de la pression artérielle réduisent les conséquences délétères ; après une hémorragie, la reprise et le type de traitement dépendent du site, de l'hémostase, de l'indication et du temps écoulé depuis la pose du stent. Une décision coordonnée évite à la fois la récidive hémorragique et la thrombose due à un arrêt indiscriminé du traitement.
Un angor persistant, un déconditionnement et une dépression peuvent créer un cercle d'inactivité et d'hypervigilance. Avant de le qualifier de réfractaire, on recherche des sténoses résiduelles, une dysfonction microvasculaire, un spasme, l'observance et des diagnostics non cardiaques ; la réadaptation et le traitement psychologique ne nient pas l'ischémie, mais en réduisent les conséquences fonctionnelles. Des procédures répétées sans cible physiologique peuvent ajouter des complications sans améliorer les symptômes.
L'athérosclérose systémique expose à l'accident vasculaire cérébral, à l'artériopathie périphérique et aux anévrismes ; la maladie rénale et le diabète amplifient le risque. La polymédication peut provoquer une hypotension, une bradycardie, des troubles électrolytiques et des chutes ; le suivi doit concilier les prescriptions de plusieurs spécialistes et les simplifier lorsque cela est possible. La prévention optimale équilibre l'intensité du traitement et sa soutenabilité effective pour le patient.
Les complications de la revascularisation comprennent la resténose, la thrombose, le saignement, l'accident vasculaire cérébral, l'atteinte rénale et, après pontage, l'infection, la fibrillation atriale et les problèmes de greffons. L'imagerie et la technique réduisent le risque sans l'éliminer ; le choix initial tient également compte de la probabilité de procédures futures. Le contrôle des symptômes n'est pas interprété comme une guérison de l'athérosclérose et exige la poursuite de la prévention.
La maladie peut altérer la santé sexuelle par l'ischémie, la peur, la dépression et les médicaments. La dysfonction érectile partage des facteurs vasculaires et peut précéder d'autres manifestations ; le traitement est évalué en respectant la contre-indication absolue à l'association des dérivés nitrés et des inhibiteurs de la PDE5 ; un entretien explicite évite les arrêts de traitement de sa propre initiative ou les associations dangereuses. L'activité sexuelle est reprise en fonction de la stabilité clinique et de la capacité fonctionnelle, et non interdite indéfiniment.
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