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Cardiomyopathies liées aux glycogénoses

Les glycogénoses sont des maladies héréditaires de la synthèse, de la structure, de la dégradation ou de la régulation du glycogène. Le terme suggère une accumulation uniforme, mais il regroupe des processus différents : excès de glycogène normal, matériel peu ramifié appelé polyglucosane, défaut d’utilisation énergétique et même insuffisance de glycogène disponible. Le cœur peut donc devenir hypertrophique, dilaté, électriquement instable ou apparemment normal. Un diagnostic par type est indispensable, car un régime ou un traitement utile dans une forme peut être inefficace ou inapproprié dans une autre.

La maladie de Pompe est la glycogénose cardiaque lysosomale paradigmatique, tandis que le syndrome PRKAG2 associe accumulation cardiaque, préexcitation et bloc par une dérégulation de l’AMPK. Cette monographie considère surtout les autres maladies du glycogène susceptibles d’atteindre le cœur, en particulier la GSD III liée à AGL, la GSD IV liée à GBE1, les anomalies de GYS1, RBCK1, GYG1 et la PGM1-CDG. La frontière taxonomique est moins importante que la voie biochimique et l’organe atteint.

Glycogène normal, glycogène anormal et déficit énergétique

Le glycogène normal est une molécule ramifiée qui rend rapidement le glucose disponible. Les enzymes de synthèse, de branchement, de phosphorolyse et de débranchement agissent en séquence ; une anomalie peut accumuler une molécule imparfaitement mobilisable ou en réduire la disponibilité. Dans le cardiomyocyte, le volume occupé altère les myofibrilles, tandis que le déficit énergétique devient manifeste lors d’un stress. La biochimie du polymère détermine la solubilité, la toxicité et les organes atteints.

Le polyglucosane possède de longues chaînes et peu de ramifications, précipite et résiste à la dégradation. Des variants de GBE1, GYG1 ou RBCK1 peuvent entraîner son accumulation dans le foie, le muscle, les nerfs et le cœur avec des phénotypes très différents. Une simple coloration PAS ne distingue ni la quantité, ni le compartiment, ni la structure ; digestion par la diastase, microscopie et génétique complètent l’examen. L’anatomopathologie spécialisée évite d’appeler maladie de Pompe toute vacuole contenant des glucides.

Glycogénose III par déficit en AGL

La GSD III, ou maladie de Cori-Forbes, résulte de variants bialléliques de AGL et d’un déficit de l’enzyme de débranchement. Le type IIIa touche le foie, le muscle squelettique et le cœur ; le type IIIb est principalement hépatique. Pendant l’enfance, hépatomégalie, hypoglycémie cétosique, hyperlipidémie et ralentissement de la croissance prédominent, tandis que la myopathie et la cardiomyopathie peuvent devenir plus évidentes avec l’âge. La transition d’organe explique qu’un adulte puisse présenter moins d’hypoglycémie mais davantage de faiblesse et d’hypertrophie.

L’hypertrophie dans la GSD IIIa est souvent concentrique et peut être marquée, avec ou sans obstruction ; la fonction reste longtemps préservée, mais une fibrose, une dysfonction et des arythmies sont documentées. L’épaisseur ne corrèle pas parfaitement avec les symptômes ni avec la CK. Échocardiogramme, ECG, Holter et CMR suivent la trajectoire en parallèle du foie et du muscle. La cardiopathie de la GSD IIIa doit être recherchée même lorsque le contrôle glycémique de l’enfance s’est amélioré.

La nutrition prévient l’hypoglycémie et le catabolisme par des repas, de l’amidon de maïs cru et un apport protéique calibré ; certains centres modulent les glucides et les lipides chez les patients avec cardiomyopathie, mais les preuves proviennent surtout de petites séries. Un régime qui corrige un paramètre peut en aggraver un autre et nécessite une surveillance de la croissance, des lipides, des cétones, du rein et du muscle. Le traitement nutritionnel est une pharmacologie métabolique et non un conseil générique de régime riche en protéines.

Le diagnostic de GSD III associe l’activité de l’enzyme de débranchement et des variants bialléliques de AGL ; aujourd’hui, la génétique est souvent au premier plan, mais le profil biochimique confirme le mécanisme. Le glycogène limite et la dextrine peuvent être mesurés dans des tissus sélectionnés, tandis qu’une biopsie hépatique n’est pas nécessaire pour le seul nom diagnostique. La distinction IIIa-IIIb exige une attention à l’atteinte musculaire et aux variants, car elle détermine la surveillance cardiaque et neuromusculaire.

La CK tend à augmenter avec l’âge dans le type IIIa et la faiblesse peut devenir distale en plus d’être proximale. Électromyographie, force, fonction respiratoire et activités quotidiennes décrivent un domaine qui ne corrèle pas parfaitement avec le foie. Un meilleur contrôle de l’hypoglycémie ne garantit pas une protection musculaire. La progression neuromusculaire doit être mesurée parallèlement à la masse cardiaque lorsque le régime alimentaire est modifié.

La maladie hépatique peut évoluer vers fibrose, cirrhose, adénomes et carcinome hépatocellulaire, même lorsque les transaminases s’améliorent. Échographie, élastographie, alpha-fœtoprotéine et imagerie sont choisies selon le stade et les recommandations. La congestion liée à la cardiomyopathie peut brouiller la rigidité et les analyses biologiques. L’évaluation hépato-cardiaque distingue les lésions métaboliques, portales et congestives et informe une éventuelle transplantation.

Un régime plus riche en protéines fournit des substrats gluconéogéniques, tandis que l’amidon de maïs maintient la glycémie ; l’utilisation de la cétose ou d’une proportion plus élevée de lipides dans la cardiomyopathie est prometteuse mais dépourvue de grands essais. Cétones, acides gras, lipides et croissance doivent être surveillés. La personnalisation nutritionnelle repose sur l’équilibre entre foie, cœur et muscle, et non sur des témoignages de réponse rapide.

Glycogénose IV et maladies à polyglucosanes

La GSD IV dépend d’un déficit de l’enzyme de branchement GBE1 et présente un continuum comprenant des formes neuromusculaires périnatales, une cardiomyopathie dilatée congénitale, une cirrhose hépatique progressive, des formes hépatiques non progressives et une maladie neurologique de l’adulte. Le matériel de type amylopectine endommage davantage les cellules que la seule quantité de glycogène. L’hétérogénéité GBE1 empêche de prédire l’atteinte cardiaque et hépatique à partir de la dénomination générale.

La transplantation hépatique traite l’insuffisance du foie mais ne corrige pas le gène dans le cœur, le muscle ou les nerfs. Avant l’inscription, il faut rechercher cardiomyopathie et neuromyopathie, et après la transplantation la surveillance extra-hépatique se poursuit. Un cœur sévèrement atteint peut nécessiter des stratégies combinées ou une évaluation séparée. La maladie systémique résiduelle est centrale dans l’évaluation transplantologique.

Des variants bialléliques de RBCK1 peuvent provoquer une myopathie avec cardiomyopathie dilatée et accumulation de polyglucosane, parfois associées à une immunodéficience ou une autoinflammation. Les anomalies de GYG1, glycogénine-1, provoquent une myopathie à polyglucosanes et, dans une partie des cas, une atteinte cardiaque. La combinaison immuno-musculaire ou une DCM avec corps de polyglucosane oriente vers des gènes qu’un panel HCM restreint pourrait ne pas inclure.

Dans la GSD IV, l’activité GBE peut être mesurée dans les fibroblastes, le muscle ou le foie et la génétique confirme les variants bialléliques. L’histologie montre des inclusions PAS positives, résistantes à la diastase, et une fibrose, mais la quantité et la distribution varient selon la forme et l’âge. Une biopsie négative dans le tissu le moins atteint n’exclut pas tous les variants. La confirmation multimodale de GBE1 est particulièrement importante avant une transplantation hépatique irréversible.

Les formes neuromusculaires périnatales peuvent se manifester par une diminution des mouvements fœtaux, une arthrogrypose, un hydrops, une hypotonie et une insuffisance respiratoire ; la cardiomyopathie dilatée contribue au tableau mais n’est pas universelle. Les formes adultes peuvent ressembler à une maladie à corps de polyglucosane avec atteinte du motoneurone et vessie neurogène. Le continuum GBE1 relie obstétrique, hépatologie, neurologie et cardiologie et rend trompeuse une classification rigide fondée uniquement sur l’âge.

La transplantation combinée ou séquentielle est exceptionnelle et dépend de l’organe qui limite la survie. Une cardiomyopathie subclinique peut s’aggraver après transplantation hépatique du fait de la progression naturelle, des médicaments ou du stress ; inversement, remplacer le cœur n’arrête pas la cirrhose ou la neuropathie. La stratégie de transplantation exige une prévision multisystémique et pas seulement l’évaluation de l’organe le plus sévèrement atteint au moment considéré.

Déficits rares avec risque cardiaque

Le déficit en phosphofructokinase musculaire lié à PFKM provoque intolérance à l’effort et hémolyse, tandis qu’une cardiomyopathie est rare ; les anomalies de PGK1 ou ENO3 ont leurs propres associations neuromusculaires et hématologiques. La présence d’un défaut glycolytique n’autorise pas à déduire une accumulation cardiaque. La voie métabolique précise détermine si le cœur souffre d’un dépôt, d’une hémolyse, d’un déficit énergétique ou d’une cause indépendante.

La maladie à polyglucosanes de l’adulte liée à GBE1 est surtout neurologique, tandis que la cardiomyopathie est plus typique d’autres extrêmes du spectre. Les laminines, la desmine et les protéines de l’autophagie peuvent produire secondairement des agrégats PAS positifs sans constituer des glycogénoses primitives. Le diagnostic anatomopathologique différentiel doit inclure les myopathies myofibrillaires et les maladies à agrégats avant d’attribuer le matériel à une anomalie du glycogène.

Le déficit en PHKA2 est hépatique lié à l’X et celui de PHKB peut toucher le foie et le muscle ; une cardiopathie sévère reste exceptionnelle. Chez l’enfant atteint de GSD IX et d’hypertrophie, il faut rechercher pression artérielle, anémie, anomalies coexistantes et reclassification moléculaire. La causalité prudente évite qu’un signalement rare devienne un programme de surveillance disproportionné pour tous les génotypes.

Certaines anomalies de la dégradation lysosomale ou de l’autophagie contiennent du glycogène mais appartiennent à des catégories autonomes : maladie de Danon liée à LAMP2, myopathie vacuolaire liée à VMA21 et autres maladies lysosomales. La localisation du dépôt et les manifestations en définissent la biologie. La taxonomie cellulaire est utile, car l’enzymothérapie peut atteindre un lysosome mais ne corrige pas automatiquement une protéine de l’autophagie ou une enzyme cytosolique.

Déficits de synthèse et PGM1-CDG

Le déficit musculaire en glycogène synthase lié à GYS1, appelé GSD 0 musculaire, ne produit pas de dépôt mais une incapacité à stocker suffisamment de glycogène. Les patients peuvent présenter une intolérance à l’effort, des syncopes, des arythmies ou un arrêt cardiaque, parfois sans cardiomyopathie morphologique évidente. Cela montre qu’une glycogénose cardiaque n’équivaut pas toujours à des parois épaissies et qu’un événement électrique d’effort peut être une manifestation métabolique.

Le déficit en PGM1 altère l’interconversion glucose-1-phosphate/glucose-6-phosphate et la glycosylation ; c’est pourquoi l’ancienne GSD XIV est aujourd’hui considérée comme une PGM1-CDG. Fente palatine ou luette bifide, hépatopathie, hypoglycémie, endocrinopathies et myopathie peuvent accompagner une cardiomyopathie, parfois sévère. Le galactose oral améliore plusieurs biomarqueurs et manifestations dans des protocoles spécialisés. La maladie PGM1 traitable est une raison d’inclure les troubles de la glycosylation dans le diagnostic différentiel cardiométabolique.

Les glycogénoses IX par déficit en phosphorylase kinase sont principalement hépatiques ou musculaires et l’atteinte cardiaque n’est pas une caractéristique uniforme, bien que certains génotypes et de rares signalements la décrivent. De même, les GSD VI et I nécessitent une surveillance systémique mais ne doivent pas être présentées comme des causes fréquentes de cardiomyopathie. La proportionnalité du risque évite de transformer des événements exceptionnels en règles pour chaque patient.

Glycogénoses musculaires sans cardiomyopathie typique

La maladie de McArdle liée à PYGM provoque intolérance à l’effort, crampes, rhabdomyolyse et phénomène du second souffle, mais le cœur utilise d’autres isoformes et une cardiomyopathie structurelle primitive n’est pas typique. La GSD VII liée à PFKM est elle aussi surtout musculaire et hémolytique. Douleur thoracique ou dyspnée chez ces patients méritent une évaluation habituelle sans attribution automatique au glycogène. La spécificité tissulaire protège contre des surveillances et diagnostics non étayés.

À l’inverse, une CK élevée ne distingue pas les formes. Exercice, crises, médicaments et lésions hépatiques modifient les enzymes ; AST et ALT peuvent provenir du muscle. Glycémie, corps cétoniques, lactate, acide urique, lipides et bilan hépatique sont choisis selon la suspicion. Le profil biochimique doit être recueilli à l’état basal et pendant les événements lorsque cela est sûr, car la crise peut révéler le défaut que le jeûne bref ne montre pas.

Diagnostic cardiométabolique

L’âge et les associations guident le parcours. Hypotonie, macroglossie et hypertrophie infantile suggèrent une maladie de Pompe ; hépatomégalie et hypoglycémie cétosique avec hypertrophie orientent vers une GSD III ; cirrhose et polyglucosane indiquent une GSD IV ; préexcitation, bloc et transmission dominante favorisent PRKAG2. La matrice phénotypique réduit le nombre de tests et rend un panel interprétable.

L’échocardiogramme et la CMR décrivent géométrie, fonction, obstruction et fibrose, sans identifier à eux seuls l’enzyme. ECG et Holter recherchent préexcitation, tachycardies et troubles de conduction ; le test d’effort est adapté au risque de rhabdomyolyse et de crises. Dosage enzymatique et génétique confirment les formes pour lesquelles ils sont disponibles, tandis qu’une biopsie de muscle, de foie ou de cœur est réservée aux questions non résolues. Le tissu choisi doit exprimer la voie et être traité de manière à préserver glycogène et structures.

La génétique utilise des panels, l’exome ou le génome selon la spécificité, en incluant l’analyse du nombre de copies et de l’ARN lorsque nécessaire. Un seul variant récessif ne confirme pas le diagnostic et un VUS ne doit pas guider un régime à risque. La ségrégation et l’activité enzymatique peuvent reclasser le résultat. Le diagnostic orthogonal, obtenu par deux types indépendants de preuves, est particulièrement précieux dans les maladies rares et traitables.

Imagerie et arythmies selon le mécanisme

Le profil échocardiographique ne distingue pas de façon fiable le glycogène d’une hypertrophie sarcomérique. Distribution concentrique, muscles papillaires, petite cavité et obstruction sont des indices partagés ; la vitesse de croissance, le foie et l’ECG augmentent la spécificité. La CMR mesure masse et fibrose, mais T1 et LGE n’ont pas de signature commune à toutes les glycogénoses. La morphologie contextualisée oriente l’enzyme à tester sans s’y substituer.

La préexcitation est centrale dans PRKAG2 et la maladie de Danon et décrite dans la maladie de Pompe, mais ne caractérise pas les GSD III ou IV. Un PR court peut résulter d’une conduction accélérée et un QRS large d’une accumulation ou d’un bloc ; l’étude électrophysiologique clarifie le circuit. La lecture du circuit évite d’assimiler toute anomalie à une voie accessoire classique ou à un risque uniforme.

Fibrose, dysfonction et arythmies ventriculaires nécessitent la même évaluation clinique que dans les autres cardiomyopathies, mais les calculateurs sarcomériques ne sont pas automatiquement applicables. Un DAI traite les tachyarythmies et non les crises hypoglycémiques, le bas débit ou le bloc s’il ne dispose pas d’une stimulation appropriée. La protection électrique est intégrée à la prévention métabolique et au pronostic des autres organes.

Crise métabolique et procédures

Le plan d’urgence précise la durée maximale du jeûne, les boissons ou polymères tolérés, l’accès au glucose intraveineux et les analyses à recueillir. Une glycémie capillaire normale n’exclut pas une cétose et un catabolisme ; inversement, une administration glucidique excessive peut provoquer des fluctuations ou une surcharge dans un cœur fragile. La prévention individualisée doit mentionner le diagnostic exact et le contact du centre, et pas seulement le mot glycogénose.

La chirurgie et l’endoscopie nécessitent une programmation qui réduit le jeûne et contrôle glycémie, lactate, corps cétoniques, électrolytes et volume selon le type. Une cirrhose hépatique, une myopathie respiratoire et une cardiomyopathie modifient les médicaments et la surveillance postopératoire. La continuité des substrats est coordonnée par l’anesthésiste avec le spécialiste des maladies métaboliques et n’est pas confiée à la seule solution glucosée standard.

Lors de vomissements persistants, d’une infection ou d’une décompensation, l’hospitalisation peut être nécessaire avant une hypoglycémie sévère. CK, urines, fonction rénale et ECG recherchent rhabdomyolyse et arythmies ; le cœur est réévalué si les biomarqueurs ou la perfusion changent. La crise systémique est traitée simultanément avec la cause déclenchante, car antibiotiques ou antiémétiques seuls n’interrompent pas le catabolisme.

Croissance, grossesse et famille

Chez l’enfant, le régime doit soutenir la croissance et le développement sans excès calorique, dyslipidémie ni carence en micronutriments. L’école et les aidants reçoivent des instructions sur les repas et les crises, en évitant que la sécurité empêche la participation. La puberté modifie les besoins et peut révéler une myopathie ou une cardiomyopathie. La croissance métabolique est suivie par la vitesse staturale, la composition corporelle et la fonction, et pas seulement par le poids.

Pendant la grossesse, la consommation de glucose, les nausées, la volémie et le travail cardiaque augmentent. Les femmes atteintes de GSD III ou d’autres formes hépatiques nécessitent un plan pour le jeûne, l’accouchement et le postpartum ; la cardiomyopathie et la maladie hépatique déterminent le niveau du centre. La prise en charge obstétrico-métabolique anticipe l’hypoglycémie et la congestion et assure l’apport de glucose pendant les procédures sans imposer des volumes excessifs.

La plupart des formes discutées sont récessives, mais PRKAG2 est dominant et certaines phosphorylases kinases sont liées à l’X. Le conseil génétique n’utilise donc pas un risque unique. Le test ciblé chez les frères et sœurs peut identifier une personne présymptomatique, tandis que le test du partenaire et les options reproductives dépendent du variant. La génétique par voie remplace la formule erronée selon laquelle toutes les glycogénoses se transmettraient de la même manière.

Traitement, crises et suivi

Le traitement dépend du type : enzyme et immunomodulation dans la maladie de Pompe, nutrition et prévention du jeûne dans la GSD III, galactose dans la PGM1-CDG, support et transplantation sélectionnée dans la GSD IV. Il n’existe pas de régime unique des glycogénoses. Pendant fièvre, vomissements ou chirurgie, un plan d’urgence prévient hypoglycémie et catabolisme par des substrats et une surveillance spécifiques. La prescription étiologique est plus importante que tout complément universel.

Insuffisance cardiaque, arythmies et obstruction sont traitées selon la physiologie, en tenant compte de la pression artérielle, de la petite cavité, du foie et du risque métabolique. Médicaments, jeûne péri-procédural et anesthésie sont planifiés avec le centre métabolique ; la transplantation cardiaque évalue la progression du foie et du muscle. La sécurité périopératoire découle d’une communication anticipée et d’un accès continu au glucose et à une surveillance lorsque cela est approprié pour le défaut concerné.

Le suivi combine croissance, nutrition, épisodes métaboliques, CK, foie, force, respiration, ECG, échocardiogramme et CMR. Un variant familial permet des tests en cascade selon le mode de transmission ; la plupart des formes sont récessives, tandis que PRKAG2 est dominant. Le pronostic va de la régression cardiaque sous enzyme à la progression multiviscérale et doit être formulé selon le gène et le stade. La surveillance coordonnée transforme une catégorie hétérogène en plans cliniques spécifiques.

Les critères de suivi doivent être reproductibles : le même laboratoire pour la CK et les métabolites lorsque possible, la même méthode pour la masse, une documentation du régime et des épisodes. Une amélioration apparente pendant la croissance peut dépendre de la manière dont la masse est indexée. La qualité longitudinale permet d’attribuer un changement au traitement plutôt qu’à l’âge, à la technique ou à une observance différente avant l’examen.

Les applications et les capteurs de glucose peuvent décrire l’exposition au jeûne et la variabilité, mais leur précision à de faibles concentrations et les interférences nécessitent une confirmation capillaire ou plasmatique. La donnée continue est utile pour adapter le régime, et non pour remplacer l’évaluation clinique. La technologie métabolique devient efficace lorsque le centre interprète les profils et ne réagit pas à chaque alarme isolée.

Dans une cardiomyopathie avec hypoglycémie, une arythmie peut être précipitée par les catécholamines, les électrolytes ou le déficit énergétique en plus de la cicatrice. La surveillance simultanée du rythme et du glucose pendant les symptômes peut clarifier le lien. La corrélation temporelle permet de traiter le facteur métabolique déclenchant sans ignorer un substrat nécessitant un dispositif ou un traitement rythmologique propre.

L’interprétation des médicaments tient compte du foie, du rein et du muscle. Les statines peuvent aggraver les symptômes chez certains patients myopathes mais ne sont pas automatiquement interdites si le risque vasculaire est élevé ; dose, CK et alternatives sont discutées. La pharmacologie individuelle évite à la fois l’arrêt indiscriminé de traitements utiles et l’attribution d’une aggravation musculaire à la seule glycogénose.

Le soutien psychologique aborde l’alimentation nocturne, la peur de l’hypoglycémie, les limitations et l’incertitude familiale. Des troubles du comportement alimentaire peuvent être masqués par un régime prescrit et doivent être reconnus. La santé mentale en maladie métabolique influence l’observance et la qualité de vie et mérite des outils différents chez l’enfant, l’adolescent et l’aidant.

Les registres internationaux sont indispensables pour définir l’histoire naturelle et la réponse dans les formes ultrarares, mais nécessitent un génotype confirmé et une nomenclature actualisée. Regrouper tous les défauts sous le terme GSD dilue les signaux. Le phénotypage harmonisé relie matériel, compartiment, organes et traitement et permet à l’expérience d’une famille de contribuer à de futures décisions vérifiables.

La communication finale doit nommer le défaut et ce qu’il n’implique pas. Dire glycogénose sans préciser le type n’indique ni le risque d’hypoglycémie, ni celui de cardiomyopathie, ni le régime et peut entraîner des erreurs en urgence. Le diagnostic opérationnel mentionne le gène, les variants, le mode de transmission, les organes surveillés et le plan de crise, transformant une catégorie biochimique en instructions cliniques utilisables.

La recherche sur la thérapie génique et l’ARN doit résoudre la difficulté d’atteindre simultanément le foie, le muscle et le cœur et de maintenir l’expression pendant la croissance. Un critère hépatique ne garantit pas un bénéfice myocardique. La distribution tissulaire doit donc être démontrée avec la sécurité immunologique et la durabilité avant qu’un résultat préclinique soit interprété comme une cure systémique.

L’activité quotidienne est également un résultat : fréquence des repas nocturnes, jours d’école perdus, chutes, ventilation et tolérance à l’effort décrivent le coût de la maladie. L’évaluation centrée sur la personne intègre ces données à la glycémie et à la masse cardiaque et empêche qu’une amélioration biologique masque une dégradation fonctionnelle.

Le plan est mis à jour après chaque nouvelle classification génétique, car un diagnostic plus précis peut modifier le régime et la surveillance. La réévaluation étiologique est particulièrement importante chez les patients diagnostiqués il y a des décennies uniquement par biopsie ou selon des dénominations aujourd’hui dépassées.

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