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Cardiomyopathie dans la maladie de Danon

La maladie de Danon est une myopathie cardiosquelettique vacuolaire liée à l'X causée par des variants entraînant une perte de fonction de LAMP2. La protéine LAMP-2 participe à la membrane lysosomale et au flux autophagique ; lorsqu'elle fait défaut, les autophagosomes et les lysosomes n'achèvent pas correctement le renouvellement cellulaire et des vacuoles, du glycogène et du matériel non dégradé s'accumulent. Le cœur, soumis à un renouvellement énergétique continu, développe une cardiomyopathie à très forte pénétrance. Le défaut d'autophagie distingue la maladie de Danon des cardiomyopathies sarcomériques et de la maladie de Pompe.

Chez les garçons, le début survient souvent pendant l'enfance ou l'adolescence avec hypertrophie extrême, préexcitation, faiblesse musculaire et difficultés cognitives ; la progression vers l'insuffisance cardiaque, les arythmies, l'assistance ou la transplantation peut être rapide. Chez les femmes, la présentation est en moyenne plus tardive et parfois exclusivement cardiaque, mais elle n'est pas bénigne : des phénotypes hypertrophiques ou dilatés, des arythmies et une insuffisance terminale sont possibles. La différence liée au sexe concerne surtout l'âge de début et le caractère multisystémique, et non l'absence de risque chez les femmes.

La rareté de la maladie a favorisé des retards diagnostiques et l'étiquette impropre de cardiomyopathie hypertrophique avec syndrome de Wolff-Parkinson-White. Pourtant, l'association d'un jeune âge, de parois exceptionnellement épaisses, d'un QRS très large et de grande amplitude, d'une préexcitation, d'une élévation de la CK ou des transaminases et de signes neuromusculaires est fortement évocatrice. Reconnaître précocement la constellation de Danon permet de surveiller la famille et de discuter les thérapies avancées avant que la fenêtre hémodynamique ne se ferme.

LAMP-2, autophagie et anatomopathologie

Le gène LAMP2 produit plusieurs isoformes par épissage alternatif ; LAMP-2B est particulièrement importante dans le cœur et le muscle. La perte de la protéine compromet la fusion autophagosome-lysosome et la dégradation du matériel, générant des vacuoles limitées par une membrane et une accumulation intracellulaire. Il ne s'agit pas d'un simple dépôt passif : l'ensemble du contrôle qualité des protéines et des organites est altéré. L'insuffisance du renouvellement cellulaire explique la croissance cellulaire, la dysfonction et la mort progressive.

La biopsie musculaire montre une myopathie vacuolaire et peut documenter l'absence ou la diminution de LAMP-2 en immunohistochimie. Le glycogène est présent, raison pour laquelle la maladie a été appelée glycogénose IIb, mais cette dénomination peut la confondre avec la maladie de Pompe et ne décrit pas correctement le défaut d'autophagie. Dans le cœur, la désorganisation, les vacuoles et la fibrose deviennent un substrat mécanique et électrique. La signature anatomopathologique est utile dans les cas incertains, mais n'est pas indispensable lorsque la génétique et le phénotype sont concluants.

La majorité des variants pathogènes interrompent la protéine par variants non-sens, frameshift, anomalies d'épissage ou grands réarrangements. Les variants faux-sens nécessitent une évaluation plus prudente car le mécanisme de perte de fonction est central et toute substitution rare n'est pas nécessairement causale. Chez les femmes, le mosaïcisme lié à l'inactivation du chromosome X répartit des cardiomyocytes avec et sans protéine, contribuant à l'hétérogénéité et à la fibrose. La validation du variant doit donc intégrer le type moléculaire, l'expression et la ségrégation.

Cœur masculin et cœur féminin

Chez l'homme hémizygote, l'hypertrophie est souvent concentrique et massive, avec une petite cavité au début et une évolution rapide vers la dysfonction. Une fraction d'éjection préservée ne signifie pas stabilité lorsque l'épaisseur, le LGE et les symptômes augmentent ; le débit peut être réduit malgré un pourcentage apparemment normal. Une dilatation atriale, une dysfonction droite et des régurgitations fonctionnelles apparaissent avec l'insuffisance cardiaque. La progression accélérée impose des mesures sériées rapprochées, et non des contrôles calqués sur une HCM stable.

Chez les femmes, l'hypertrophie peut être modérée ou sévère et coexister avec une fibrose ; certaines évoluent vers une dilatation et une diminution systolique sévère. Comme la faiblesse musculaire et les difficultés cognitives peuvent être absentes, la maladie est confondue avec une HCM sarcomérique ou une DCM idiopathique. Un arbre généalogique comportant des hommes morts ou transplantés jeunes est un indice, mais des mutations de novo et de petites familles sont possibles. Le phénotype féminin isolé mérite la même rigueur génétique.

L'insuffisance cardiaque est le principal déterminant pronostique. Les symptômes peuvent s'accélérer en quelques mois, et des pressions de remplissage élevées, une hyponatrémie, une dégradation rénale et des arythmies signalent une réserve réduite. Une orientation tardive vers un centre de transplantation peut se heurter à une hypertension pulmonaire, une cachexie ou une atteinte d'organe augmentant le risque. La fenêtre de transplantation doit être discutée lorsque la trajectoire devient préoccupante, et non seulement après un choc ou le recours à des inotropes.

Préexcitation et arythmies

L'ECG montre souvent des voltages impressionnants, des QRS larges, des anomalies de repolarisation et des profils de préexcitation. Ils ne dépendent pas tous d'une voie atrioventriculaire classique : des connexions fasciculoventriculaires ont été documentées ; elles préexcitent le ventricule mais n'entretiennent pas de tachycardie atrioventriculaire et ne doivent pas être ablatées. L'architecture myocardique elle-même peut également contribuer à une activation anormale. Le diagnostic électrophysiologique précède toute procédure.

Des tachycardies supraventriculaires, une fibrillation atriale et des arythmies ventriculaires coexistent avec la progression structurelle. L'ablation d'une voie responsable d'une tachycardie supprime ce circuit mais ne modifie ni LAMP2, ni la fibrose, ni le risque d'insuffisance cardiaque. Holter, dispositifs implantables et étude électrophysiologique sont choisis en fonction des symptômes et des constatations. Une préexcitation non causale ne doit pas être confondue avec une explication complète de la cardiomyopathie.

Le DAI est indiqué après un arrêt cardiaque ou une tachycardie soutenue appropriée et est envisagé en prévention primaire sur la base de la syncope, des arythmies, de la fibrose, de la dysfonction et de l'histoire familiale. Les chocs ne traitent ni le bas débit ni la dissociation électromécanique, et l'hypertrophie extrême peut rendre l'implantation et la défibrillation techniquement complexes. La protection par défibrillation doit être coordonnée avec le plan d'assistance et de transplantation, en évitant qu'un dispositif ne retarde une thérapie définitive.

Manifestations extracardiaques

La myopathie squelettique est généralement proximale et plus évidente chez les hommes ; la CK, l'AST, l'ALT et la LDH peuvent être élevées du fait de leur origine musculaire. Interpréter les transaminases comme une hépatopathie isolée peut conduire à des explorations trompeuses. La faiblesse est souvent moins invalidante que la cardiopathie chez le sujet jeune, mais devient importante pour la réadaptation, l'anesthésie et l'après-transplantation. La réserve neuromusculaire doit être mesurée avant les procédures majeures.

Les difficultés cognitives sont variables et peuvent concerner l'apprentissage, l'attention et les fonctions exécutives plutôt qu'un handicap uniforme. Une évaluation neuropsychologique et un soutien scolaire améliorent la capacité à comprendre les traitements et à adhérer au suivi. Une rétinopathie pigmentaire et des anomalies visuelles nécessitent un examen ophtalmologique, même si elles ne sont pas toujours symptomatiques. Le soutien fonctionnel fait partie des soins et n'est pas un élément accessoire à la cardiologie.

L'atteinte hépatique est souvent biochimique ; d'autres manifestations ont été rapportées, mais le profil reste dominé par le cœur, le muscle, la cognition et la rétine. Chez les femmes, la faible expression extracardiaque ne diminue pas la suspicion lorsque la cardiomyopathie et l'arbre généalogique sont compatibles. La pénétrance différentielle explique pourquoi les mêmes critères cliniques ont une sensibilité différente selon le sexe.

Imagerie, laboratoire et diagnostic différentiel

L'échocardiogramme documente l'épaisseur, les gradients, la fonction, les oreillettes et la vitesse d'évolution. Une obstruction peut apparaître mais n'est pas le trait dominant ; la diminution progressive du strain ou de la fraction d'éjection a une plus grande valeur pronostique. L'IRM cardiaque quantifie la masse et la cicatrice, souvent étendue, avec une distribution non ischémique. La charge fibreuse aide à expliquer les arythmies et la diminution de la réserve, sans qu'il existe pour autant un profil exclusif.

La CK et les transaminases, l'ECG et l'anamnèse orientent le test, mais la confirmation est génétique. La maladie de Fabry est distinguée par l'alpha-galactosidase, le lyso-Gb3 et un T1 souvent bas ; la maladie de Pompe par l'activité de la GAA et un phénotype cardiorespiratoire infantile ; PRKAG2 associe préexcitation et troubles de conduction mais généralement pas la triade muscle-cognition ; la HCM sarcomérique n'explique pas l'ensemble. Le diagnostic différentiel mécanistique sélectionne des analyses ciblées et évite une biopsie inutile.

L'analyse de LAMP2 doit inclure le séquençage et, si nécessaire, la recherche de délétions ou duplications. Un variant pathogène cohérent confirme le diagnostic ; un VUS nécessite une étude de ségrégation, de l'ARN ou de la protéine et ne peut guider des tests prédictifs. L'immunohistochimie de LAMP-2 et la biopsie musculaire ou cardiaque sont utiles lorsque la génétique est négative ou ambiguë malgré un phénotype fort. La preuve moléculaire complète évite à la fois les faux négatifs techniques et l'attribution de causalité à des variants bénins.

Traitement cardiologique et thérapies avancées

Il n'existe pas de traitement pharmacologique approuvé rétablissant LAMP-2. L'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite est traitée selon les recommandations, mais l'hypotension, la petite cavité initiale et l'évolution rapide limitent parfois la titration. Les diurétiques contrôlent la congestion ; les arythmies et la thromboembolie sont prises en charge selon les indications. Le traitement conventionnel réduit les complications mais ne doit pas donner l'illusion d'arrêter le défaut d'autophagie.

La transplantation cardiaque est le traitement qui modifie la survie à la phase terminale et les séries disponibles montrent des résultats acceptables chez des candidats sélectionnés. L'évaluation comprend la fonction musculaire, la cognition, les capacités de réadaptation, la rétine et le soutien familial ; une myopathie légère n'est pas en soi une contre-indication. Après transplantation, la maladie ne réapparaît pas dans le cœur du donneur par transmission cellulaire, mais les manifestations extracardiaques peuvent progresser. La sélection précoce maximise le bénéfice et permet un parcours partagé.

Une assistance ventriculaire peut servir de pont, mais la petite cavité, l'hypertrophie, la dysfonction droite et la taille corporelle rendent l'implantation complexe, surtout chez les jeunes. Des inotropes prolongés augmentent les risques et ne doivent pas constituer le premier contact avec un centre de thérapies avancées. Épreuve cardiopulmonaire, hémodynamique, biomarqueurs et hospitalisations répétées décrivent mieux la trajectoire qu'une seule fraction d'éjection. L'évaluation longitudinale identifie le moment où le risque de l'attente dépasse celui de la transplantation.

Évaluation fonctionnelle et risque d'insuffisance cardiaque

La fraction d'éjection perd en sensibilité pendant la phase hypertrophique car une petite cavité peut éjecter un pourcentage normal avec un débit réduit. Le strain, le volume d'éjection, les oreillettes, la pression pulmonaire, la fonction droite et la capacité d'exercice décrivent mieux la réserve. Les peptides natriurétiques et la troponine sont interprétés en série. Le bas débit occulte doit être reconnu avant que créatinine, hyponatrémie et congestion ne rendent impossibles la titration ou le transfert.

L'épreuve cardiopulmonaire peut documenter une diminution de la consommation d'oxygène et de la réponse tensionnelle, mais la faiblesse musculaire et la compréhension influencent la performance. Chez l'enfant, des protocoles et des valeurs prédites adaptés sont utilisés ; un déclin intra-individuel est plus significatif qu'un percentile isolé. La fonction intégrée associe cœur et muscle et devient particulièrement utile pour décider du moment où commencer le bilan de transplantation.

Le cathétérisme droit mesure le débit, les pressions et les résistances lorsque les données non invasives ne suffisent pas ou avant la transplantation. Une hypertension pulmonaire secondaire au cœur gauche peut devenir un obstacle si l'orientation est tardive ; les vasodilatateurs pulmonaires ne doivent pas être prescrits automatiquement. La fenêtre hémodynamique est préservée en contrôlant la congestion et en anticipant l'évaluation, plutôt qu'en poursuivant une valeur de pression isolée.

Médicaments, procédures et anesthésie

Les bêtabloquants peuvent réduire les tachycardies et l'obstruction, mais la bradycardie et le bas débit limitent leur utilisation ; les IEC, sartans, antagonistes des minéralocorticoïdes et inhibiteurs de SGLT2 sont envisagés dans le phénotype dysfonctionnel avec la même attention à la pression, au rein et à l'âge. Il n'existe pas de données spécifiques à la maladie de Danon. La titration physiologique utilise les objectifs de l'insuffisance cardiaque sans prétendre qu'une dose cible dérivée de la DCM commune soit toujours atteignable.

Une obstruction significative doit être confirmée au repos et lors de la provocation. Une réduction septale chirurgicale ou alcoolique ne corrige pas la maladie et peut ajouter un bloc ou une cicatrice ; elle n'est discutée que lorsque le gradient domine les symptômes et que la stratégie avancée est claire. La procédure proportionnée évite une intervention anatomique dans un cœur appelé à progresser rapidement du fait d'un mécanisme diffus.

L'anesthésie nécessite une évaluation de l'obstruction, de la fonction, des arythmies, du dispositif et de la faiblesse respiratoire. Le jeûne, l'hypovolémie et la vasodilatation peuvent réduire le débit ; les médicaments prolongeant le QT ou déprimant le myocarde sont choisis avec prudence. Un centre pédiatrique ou adulte expérimenté planifie la surveillance et l'accès à une assistance mécanique. La sécurité périopératoire dépend davantage de la préparation hémodynamique que d'une liste générique d'anesthésiques interdits.

Diagnostic chez les apparentés et chez les femmes

Une femme présentant une HCM apparemment isolée peut être le premier cas reconnu. L'absence de CK élevée, de difficultés cognitives ou de préexcitation n'exclut pas une maladie de Danon, et la distribution du LGE peut suggérer un phénotype non sarcomérique sans être diagnostique. Un panel doit inclure LAMP2 et l'analyse du nombre de copies. Le diagnostic chez la femme exige une attention particulière aux variants d'épissage et aux délétions que le seul séquençage ponctuel peut manquer.

Chez les enfants positifs mais sans hypertrophie, une évaluation initiale comprenant ECG, imagerie et laboratoire est établie, en évitant les sports intenses non évalués mais aussi les restrictions absolues en l'absence de phénotype. La fréquence du suivi augmente pendant la puberté ou si des anomalies apparaissent. Un nouvel intervalle PR court, une augmentation rapide du voltage ou de l'épaisseur modifient la stratégie. La surveillance présymptomatique vise à détecter une trajectoire et non à produire un certificat permanent de maladie stable.

Un variant de novo n'élimine pas l'étude des parents, car un mosaïcisme germinal ou somatique a des implications reproductives et un parent légèrement atteint peut avoir été méconnu. Chez les apparentés décédés, les dossiers, images et échantillons conservés peuvent clarifier la ségrégation. La reconstitution familiale améliore la classification et identifie les personnes nécessitant un parcours de transplantation avant les symptômes.

Thérapie génique et recherche

Le remplacement de LAMP2B au moyen de vecteurs viraux est une stratégie biologiquement plausible et a atteint l'expérimentation clinique. La sécurité, la dose, la réponse immunitaire, la distribution au cœur et la durabilité doivent toutefois être démontrées ; les premiers signaux n'équivalent pas à une efficacité établie. Les critères d'inclusion et la prise en charge relèvent de protocoles approuvés. La thérapie génique expérimentale doit être présentée avec un espoir proportionné, sans retarder une transplantation ou des dispositifs indiqués.

Des biomarqueurs du flux autophagique, l'imagerie quantitative et des registres internationaux cherchent à mesurer la réponse et l'histoire naturelle. La rareté, l'hétérogénéité chez les femmes et le recours à la transplantation compliquent l'utilisation de critères de jugement traditionnels. Des études contrôlées et un suivi à long terme restent indispensables même lorsque le besoin thérapeutique est immense. La discipline des preuves protège les patients d'inférences prématurées et rend interprétable toute nouvelle plateforme.

La production d'anticorps contre la capside ou la nouvelle protéine, l'impossibilité de réadministrer une dose et le risque hépatique sont des problèmes propres aux plateformes virales. Une réponse initiale d'un biomarqueur ne démontre pas que tous les cardiomyocytes ont reçu une dose durable, et la croissance corporelle peut diluer l'effet chez l'enfant. La durabilité thérapeutique exige des années d'observation, incluant arythmies, transplantation, muscle et qualité de vie.

Des modèles cellulaires dérivés d'iPSC permettent d'étudier l'autophagie et les médicaments, mais reproduisent imparfaitement le cœur adulte soumis à la charge. Les registres contenant des données brutes d'ECG, d'IRM cardiaque et de génétique peuvent définir des critères de jugement et des témoins externes, à condition de réduire les biais. La recherche translationnelle est plus solide lorsque la mesure de laboratoire est reliée à la trajectoire clinique et non à une simple photographie histologique.

La participation à une étude ne suspend pas automatiquement le traitement standard et ne garantit pas l'accès futur au produit. Le consentement, la possibilité d'un placebo ou d'une dose inefficace, le suivi prolongé et la prise en charge des événements doivent être compris par le patient et sa famille. Le choix expérimental reste compatible avec une évaluation parallèle en vue de transplantation, afin d'éviter qu'une option incertaine ne consomme une fenêtre définitive.

Suivi familial et pronostic

Le suivi cardiaque est rapproché et comprend ECG, échocardiogramme, rythme, IRM cardiaque, biomarqueurs et capacité fonctionnelle, avec des intervalles plus courts lors de la croissance de l'hypertrophie ou aux premiers signes de dysfonction. Neurologie, réadaptation, ophtalmologie, psychologie et génétique suivent les autres domaines. Fièvre, anesthésie et interventions nécessitent une attention particulière à la fonction cardiaque et musculaire. Le réseau multidisciplinaire doit disposer d'un centre responsable de la trajectoire globale.

Le dépistage en cascade utilise le variant familial. Un homme atteint transmet le variant à toutes ses filles et à aucun de ses fils ; une femme hétérozygote a 50 % de probabilité de le transmettre à chaque fils ou fille. Les apparentés positifs bénéficient d'une évaluation cardiaque même s'ils sont asymptomatiques, car prévenir les retards constitue la principale intervention disponible. Le diagnostic présymptomatique n'élimine pas l'incertitude mais permet une surveillance proportionnée.

Le pronostic reste sérieux : chez les hommes, les événements terminaux se concentrent souvent au début de l'âge adulte, tandis que chez les femmes ils surviennent plus tard mais avec une morbidité importante. Les moyennes historiques ne prédisent pas le devenir individuel et sont modifiées par le diagnostic, les dispositifs et la transplantation. Une communication correcte associe l'urgence de planifier et la possibilité concrète d'une bonne survie après transplantation. Le pronostic opérationnel sert à prendre des décisions à temps, et non à fixer une échéance.

L'école et le travail nécessitent un plan concernant les médicaments, les dispositifs, les symptômes et l'accès aux urgences, mais l'activité est adaptée aux capacités plutôt qu'interdite du seul fait du diagnostic. La fatigue peut provenir du cœur, du muscle, du sommeil ou du traitement et doit être analysée. La participation protégée préserve l'autonomie et apporte des informations fonctionnelles qu'une consultation au repos ne mesure pas.

L'exercice n'est pas prescrit selon un protocole unique. Une hypertrophie extrême, une obstruction, des arythmies ou une insuffisance cardiaque limitent l'intensité et le sport de compétition, tandis qu'une activité légère supervisée peut préserver le muscle et le bien-être. Une épreuve d'effort et le dispositif aident à définir la réponse. La prescription dynamique est mise à jour avec l'évolution rapide et ne reste pas valable pendant des années sans contrôle.

La contraception tient compte de l'insuffisance cardiaque, de la thrombose, des médicaments et des interactions ; une grossesse chez une femme atteinte de maladie de Danon nécessite avant la conception une évaluation de la fonction, des arythmies, du dispositif et de la réserve. L'augmentation du volume circulant et le post-partum peuvent précipiter une insuffisance. La planification cardio-obstétricale distingue le risque maternel de la probabilité de 50 % de transmettre le variant.

Dans la transplantation pédiatrique, la taille, les anticorps, le temps d'attente et le soutien scolaire ajoutent de la complexité. La présence de difficultés cognitives exige des outils adaptés de consentement et d'observance, et non une exclusion automatique ; le réseau familial est évalué et soutenu. L'équité en transplantation juge les capacités et le pronostic individuels au lieu d'utiliser un diagnostic multisystémique comme raccourci.

Après transplantation, l'immunosuppression, les corticostéroïdes et l'inactivité peuvent accentuer la faiblesse, rendant indispensable une évaluation neuromusculaire de référence. Réadaptation, nutrition et surveillance des infections sont personnalisées. La fonction du greffon peut être excellente tandis que la myopathie évolue lentement. Les soins post-transplantation maintiennent le neurologue dans l'équipe et ne transfèrent pas tout le suivi à la seule cardiologie de transplantation.

Le soutien psychologique aborde l'expérience de décès familiaux précoces, l'incertitude et la perspective d'une transplantation. Des informations trop déterministes peuvent entraîner un renoncement, tandis que minimiser la progression entrave les décisions en temps utile. La communication calibrée utilise des données selon le sexe et le stade, explicite les limites des cohortes et définit des actions concrètes qui maintiennent une capacité d'agir.

Chaque consultation devrait se conclure par des seuils d'alerte : syncope, tachycardie persistante, prise de poids rapide, orthopnée, diminution de l'activité ou chocs du dispositif nécessitent un contact anticipé. Le patient ne doit pas interpréter seul le changement. Le réseau d'escalade réduit le délai entre détérioration et réévaluation avancée, un intervalle particulièrement précieux dans la progression de la maladie de Danon.

Les décisions de fin de vie doivent être abordées lorsque la transplantation n'est pas possible ou que l'assistance n'atteint pas les objectifs, sans attendre une réanimation. La désactivation des thérapies de choc, le contrôle de la dyspnée et le soutien familial peuvent coexister avec les diurétiques et d'autres soins actifs. La planification anticipée protège les souhaits et la dignité dans une maladie où la détérioration peut être soudaine.

Les données pédiatriques et adultes ne sont pas automatiquement interchangeables. Les épaisseurs, les capacités, les dispositifs et les doses dépendent de la croissance, tandis que chez les femmes adultes les comorbidités et la grossesse modifient le risque. La compétence adaptée à la phase de vie permet de transférer les connaissances biologiques sans appliquer des seuils développés pour un autre âge et maintient la continuité entre cardiologie congénitale, pédiatrique et adulte.

Un diagnostic correct évite également des traitements destinés à la HCM sarcomérique dont l'efficacité n'est pas démontrée dans la maladie de Danon. La modulation de la myosine, en particulier, ne corrige pas LAMP2 et ne doit pas être extrapolée sans études. La spécificité thérapeutique empêche qu'une ressemblance morphologique ne devienne un présupposé pharmacologique et maintient prioritaires la surveillance, les arythmies et la transplantation.

La révision annuelle vérifie que le poids, les doses des médicaments, les seuils des dispositifs et les contacts sont à jour. L'entretien du parcours évite qu'une maladie rare et progressive ne soit suivie selon des protocoles dépassés ou à des intervalles devenus disproportionnés.

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