AdBlock rilevato
Nous avons détecté un AdBlock actif !

Veuillez désactiver AdBlock ou ajouter ce site à vos exceptions.

Notre publicité n’est pas intrusive et ne vous dérangera pas.
Elle permet au site de se maintenir, de se développer et de vous fournir de nouveaux contenus.

Vous ne pourrez pas accéder aux contenus tant qu’AdBlock reste actif.
Après l’avoir désactivé, cette fenêtre se fermera automatiquement.

Sfondo Header
L'angolo del dottorino
Rechercher sur le site... Recherche avancée

Tachycardie Jonctionnelle Non Paroxystique (TJNP)

La tachycardie jonctionnelle non paroxystique (TJNP) est une arythmie supraventriculaire caractérisée par un rythme accéléré généré au niveau de la jonction auriculo-ventriculaire (AV), avec une fréquence typiquement comprise entre 70 et 130 bpm. Contrairement aux tachycardies de réentrée, la TJNP n’est pas causée par un circuit de réentrée, mais par une altération de l’automatisme des cellules jonctionnelles ou par une activité électrique anormale, souvent secondaire à une affection sous-jacente.


La TJNP peut survenir dans divers contextes cliniques, notamment en cas d’intoxication digitalique, d’ischémie myocardique, de troubles électrolytiques et de chirurgie cardiaque. Elle est plus fréquente chez les patients pédiatriques porteurs de cardiopathies congénitales opérées, mais peut aussi être observée chez l’adulte en association à des pathologies cardiaques ou métaboliques. Bien que souvent bénigne et transitoire, elle peut dans certains cas compromettre l’hémodynamique, en particulier chez les patients présentant une dysfonction ventriculaire préexistante.


Le diagnostic repose sur l’électrocardiogramme (ECG), qui montre un rythme régulier avec QRS fin et des ondes P rétroconduites ou absentes. Le traitement vise principalement la correction de la cause sous-jacente, tandis que l’utilisation de médicaments antiarythmiques ou d’autres stratégies est réservée aux formes symptomatiques persistantes.

Étiologie, pathogénie et physiopathologie

1. Mécanisme d’apparition de la TJNP

La TJNP résulte d’une activité électrique anormale au niveau de la jonction AV. Contrairement aux tachycardies de réentrée, dans lesquelles l’impulsion est entretenue par un circuit fermé, dans la TJNP le nœud AV joue le rôle de pacemaker ectopique, générant des impulsions indépendamment de l’activité atriale.


Les principaux mécanismes pathogéniques sont :

2. Conditions prédisposantes et facteurs déclenchants

La TJNP est fréquemment une tachycardie secondaire, induite par une condition pathologique sous-jacente. Les principales causes comprennent :

3. Physiopathologie de la TJNP

Du point de vue physiopathologique, la TJNP se caractérise par une génération anormale d’impulsions au niveau de la jonction AV, avec un rythme régulier et une fréquence rarement supérieure à 130 bpm. Ce rythme accéléré induit une activation simultanée des oreillettes et des ventricules, aboutissant à une dyssynchronie auriculo-ventriculaire.

Chez les patients à réserve cardiaque réduite, la perte de la contraction atriale synchrone peut diminuer significativement le débit cardiaque, entraînant une hypotension et des symptômes d’hypoperfusion systémique. En cas d’intoxication digitalique, la TJNP peut être associée à un bloc AV de degré variable, déterminant un trouble de conduction et une symptomatologie plus marquée.

Facteurs de risque et prévention

La tachycardie jonctionnelle non paroxystique (TJNP) est une arythmie généralement secondaire à des affections qui altèrent le fonctionnement normal de la jonction auriculo-ventriculaire. Il ne s’agit donc pas d’une arythmie primaire, mais d’une manifestation associée à des facteurs prédisposants qui favorisent l’activation anormale du nœud AV.

Le principal facteur de risque est l’intoxication digitalique, situation dans laquelle un excès de digitaliques altère le métabolisme du calcium intracellulaire et prédispose à une activité déclenchée au niveau de la jonction AV. D’autres facteurs favorisants incluent l’ischémie myocardique, les troubles électrolytiques, la chirurgie cardiaque et les processus inflammatoires. L’infarctus du myocarde inférieur, par exemple, peut perturber le contrôle autonome de la jonction AV, tandis que les troubles électrolytiques peuvent altérer la stabilité des cellules pacemaker jonctionnelles.

Chez l’enfant, la TJNP est surtout observée après chirurgie cardiaque pour cardiopathie congénitale ou suite à des myocardites virales. La présence d’un système nerveux autonome immature peut favoriser des épisodes transitoires de TJNP chez le nouveau-né.

La prévention de la TJNP repose sur la gestion des facteurs prédisposants : éviter le surdosage digitalique, corriger les troubles électrolytiques et surveiller étroitement les patients opérés du cœur. Chez les sujets présentant une ischémie myocardique, le contrôle de l’oxygénation et l’équilibre neurovégétatif peuvent réduire le risque d’apparition de la tachycardie.

Manifestations cliniques

Anamnèse

La TJNP peut être asymptomatique ou se manifester par des symptômes modérés, surtout en l’absence de retentissement hémodynamique. Beaucoup de patients découvrent la tachycardie de façon fortuite, lors d’un ECG de contrôle. En cas de symptômes, le patient rapporte en général des palpitations régulières, souvent associées à une fatigue et à un sentiment de faiblesse.


Chez les patients présentant une dysfonction ventriculaire préexistante, la tachycardie peut réduire le remplissage diastolique et diminuer le débit cardiaque, avec apparition de dyspnée et d’intolérance à l’effort. Dans les formes sévères, notamment en contexte d’ischémie myocardique aiguë, une hypotension avec symptômes d’hypoperfusion (tels que vertiges et lipothymie) peut survenir. La TJNP liée à une intoxication digitalique est souvent associée à une symptomatologie plus complexe : troubles visuels, nausées et confusion mentale.

Examen clinique

Lors d’un épisode de TJNP, le principal signe est une tachycardie régulière avec fréquence habituellement comprise entre 70 et 130 bpm. Le pouls est régulier et bien perçu, sans irrégularité comme dans la fibrillation auriculaire ou d’autres tachycardies atriales. La pression artérielle est généralement normale, mais une hypotension peut survenir en cas de dysfonction ventriculaire.


A l’auscultation cardiaque, les bruits sont rythmés sans anomalies notables. En cas de TJNP soutenue, la perte de la synchronie auriculo-ventriculaire peut entraîner une altération du remplissage ventriculaire et, chez les patients prédisposés, une altération du remplissage pulmonaire.


En cas d’intoxication digitalique, l’examen peut révéler des signes associés tels que troubles neurologiques, nausées et troubles visuels. Chez l’enfant opéré du cœur, la TJNP est souvent transitoire et autolimitée, avec tendance à la régression spontanée.

Diagnostic

Le diagnostic de tachycardie jonctionnelle non paroxystique (TJNP) repose sur l’identification clinique et la confirmation électrocardiographique. Le diagnostic doit être suspecté chez tout patient présentant une tachycardie régulière à début non brusque, surtout en présence de facteurs prédisposants (intoxication digitalique, ischémie myocardique, troubles électrolytiques).

La TJNP peut être asymptomatique ou se manifester par de légers symptômes (palpitations, fatigue), mais chez le patient cardiaque elle peut entraîner une instabilité hémodynamique.


Au cours d’une crise, l’examen retrouve un rythme tachycarde régulier (70–130 bpm). La pression artérielle est généralement conservée, mais une hypotension peut survenir en cas de dysfonction préexistante. A l’auscultation, il n’y a pas de souffle pathologique, mais en cas de TJNP soutenue, on peut observer une réduction du remplissage ventriculaire et une congestion pulmonaire possible chez les sujets à risque.

ECG : caractéristiques diagnostiques

L’électrocardiogramme (ECG) est l’examen clé pour la TJNP et permet de la différencier des autres tachycardies supraventriculaires.


Les caractéristiques distinctives sont :


La présence d’ondes P rétroconduites avec rythme régulier distingue la TJNP des tachycardies atriales, tandis que l’absence de début brutal la différencie de la tachycardie par réentrée AV (TRNAV ou TRAV). En cas d’intoxication digitalique, l’ECG peut montrer des anomalies associées, telles qu’une dépression du segment ST ou un allongement de l’intervalle PR.

Surveillance dans les cas de TJNP intermittente

Chez les patients ayant des épisodes intermittents non documentés par ECG standard, une surveillance prolongée peut s’avérer utile :

Tests diagnostiques pour la confirmation de la TJNP

En cas de doute, des tests pharmacologiques ou des manœuvres physiologiques peuvent aider à caractériser la tachycardie. L’adénosine permet de différencier la TJNP des tachycardies de réentrée : dans la TJNP, l’adénosine ne coupe pas l’arythmie mais peut révéler une dissociation AV, alors que dans les tachycardies de réentrée elle interrompt la crise par bloc AV transitoire.

Les manœuvres vagales (Valsalva, massage du sinus carotidien) peuvent ralentir la conduction AV, ce qui aide à étudier la relation oreillettes/ventricules.

Étude électrophysiologique dans les cas complexes

Chez les patients avec épisodes persistants ou lorsque la distinction avec d’autres arythmies est difficile, l’étude électrophysiologique (EEP) fournit des informations détaillées sur la conduction AV. Elle permet :

L’EEP est particulièrement utile chez les patients opérés du cœur, où la TJNP peut être liée à des modifications structurelles de la jonction AV.

Traitement

La prise en charge de la tachycardie jonctionnelle non paroxystique (TJNP) repose sur l’identification et le traitement de la cause sous-jacente. S’agissant le plus souvent d’une tachycardie secondaire, la résolution survient dans la majorité des cas après correction du facteur déclenchant. Contrairement aux tachycardies de réentrée, la TJNP requiert rarement des antiarythmiques spécifiques : il est surtout crucial de surveiller le patient pour dépister d’éventuelles complications hémodynamiques.

Gestion de la TJNP aiguë

Chez les patients symptomatiques, il faut d’abord évaluer la stabilité hémodynamique. Si le patient est stable, il n’est pas nécessaire de stopper immédiatement la tachycardie, mais il faut rechercher la cause. En cas de digitaliques, l’arrêt du médicament et la correction des troubles ioniques sont prioritaires. Chez les patients en ischémie myocardique, le traitement de l’événement ischémique peut résoudre la tachycardie.

Contrairement aux tachycardies de réentrée, adénosine, manœuvres vagales et cardioversion électrique sont inefficaces dans la TJNP et ne doivent pas être utilisées pour arrêter l’arythmie.

Traitement pharmacologique

Si la TJNP est persistante et symptomatique, des bêtabloquants ou des inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques peuvent être utilisés pour réduire l’automatisme du nœud AV et contrôler la fréquence. Ces traitements doivent être administrés avec prudence chez les patients insuffisants cardiaques ou bradycardiques.

Ablation par cathéter

L’ablation par cathéter n’est généralement pas indiquée car il n’existe pas de circuit de réentrée à supprimer. Toutefois, dans de rares cas très symptomatiques et résistants aux médicaments, l’ablation ciblée de cellules jonctionnelles hyperactives peut être envisagée, au risque d’un bloc AV permanent.

Pronostic

Le pronostic de la TJNP est généralement favorable, avec résolution spontanée dans la majorité des cas après correction de la cause. En cas d’intoxication digitalique, la récupération se fait après arrêt du médicament et surveillance du taux sérique.

Après chirurgie cardiaque, la tachycardie peut persister plusieurs semaines ou mois avant de disparaître spontanément. Dans de rares cas de lésion structurelle du nœud AV, la TJNP peut devenir chronique et nécessiter un contrôle pharmacologique à long terme.

Complications

Bien que généralement bénigne, la TJNP peut entraîner des complications, notamment chez les patients porteurs d’une cardiopathie.

1. Tachycardiomyopathie

En cas de TJNP soutenue, la fréquence élevée sur une longue période peut induire un remodelage ventriculaire et une dysfonction ventriculaire gauche, réversible après contrôle du rythme.

2. Réduction du débit cardiaque

La perte de la synchronie auriculo-ventriculaire réduit le remplissage ventriculaire, provoquant hypotension et symptômes d’hypoperfusion chez les patients à risque.

3. Évolution vers d’autres arythmies

Chez certains patients avec dysfonction sinusale, la TJNP peut révéler un syndrome du nœud sinusal (alternance tachy/bradycardie).

4. Nécessité d’une stimulation permanente

Dans de rares cas réfractaires, l’ablation de la jonction AV impose la pose d’un stimulateur cardiaque définitif pour assurer la fonction cardiaque.


    Bibliographie
  1. Hindricks G, et al. 2022 ESC Guidelines for the management of supraventricular tachycardias. Eur Heart J. 2022;43(5):263-362.
  2. January CT, et al. 2023 ACC/AHA/HRS Guideline for the management of patients with supraventricular tachycardia. J Am Coll Cardiol. 2023;81(5):e31-e137.
  3. Fuster V, et al. Mechanisms and management of junctional tachycardia. J Am Coll Cardiol. 2022;79(12):1177-1194.
  4. Chen LY, et al. Impact of digitalis toxicity on arrhythmic manifestations. Circulation. 2021;144(14):1081-1092.
  5. Prystowsky EN, et al. Current concepts in junctional arrhythmias. Heart Rhythm. 2023;20(4):583-597.
  6. Guerra JM, et al. Junctional tachycardia post-surgery: Incidence and management. Europace. 2022;24(8):1325-1338.
  7. Goette A, et al. Role of electrolyte imbalances in junctional tachycardias. J Am Coll Cardiol. 2021;78(7):701-711.
  8. Heidbuchel H, et al. Long-term outcomes of junctional arrhythmias in pediatric patients. Eur Heart J. 2021;42(10):978-987.
  9. Kowal RC, et al. Comparison of pharmacologic and catheter-based treatments for junctional tachycardia. Circulation. 2022;145(12):1105-1118.
  10. Calkins H, et al. Update on management of automatic junctional tachycardias. J Am Coll Cardiol. 2023;81(3):301-316.