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Glandes parathyroïdes chez la personne âgée

Les troubles des glandes parathyroïdes chez la personne âgée constituent une problématique clinique particulièrement complexe, car le vieillissement modifie simultanément le terrain biologique sur lequel agit l’axe calcium-hormone parathyroïdienne (PTH)-vitamine D et le contexte clinique dans lequel les affections parathyroïdiennes sont reconnues et traitées. Avec l’âge augmentent la prévalence de la maladie rénale chronique, la fréquence de la carence en vitamine D, l’utilisation de traitements qui interfèrent avec la calcémie, la fragilité osseuse et la vulnérabilité cardiovasculaire. Dans ce contexte, une même anomalie biochimique peut avoir une signification différente de celle observée chez l’adulte jeune, et la frontière entre une adaptation compensatoire et une maladie cliniquement significative devient plus difficile à définir.

En pratique, ce domaine est dominé par trois tableaux : l’hyperparathyroïdie primaire, particulièrement fréquente aux âges avancés ; l’hyperparathyroïdie secondaire liée à une maladie rénale chronique (MRC), à une malabsorption ou à une carence en vitamine D ; et l’hypoparathyroïdie acquise, le plus souvent postchirurgicale, dont la prise en charge chez la personne âgée exige un équilibre particulièrement attentif entre stabilité symptomatique et sécurité rénale. La présentation clinique tend également à être moins classique : les symptômes neurocognitifs, l’asthénie, l’instabilité posturale, la sarcopénie et la fragilité peuvent se superposer aux troubles du métabolisme minéral, ce qui impose une interprétation intégrée de l’anamnèse, de l’examen clinique et des résultats biologiques.

Épidémiologie et probabilité prétest à un âge avancé

L’hyperparathyroïdie primaire est l’un des troubles endocriniens les plus caractéristiques de l’âge avancé, avec un pic d’incidence chez les femmes ménopausées et une présentation souvent légère ou paucisymptomatique, découverte fortuitement devant une hypercalcémie modérée lors d’examens de routine. Chez la personne âgée, la probabilité prétest d’hyperparathyroïdie primaire est supérieure à celle de nombreuses autres causes d’hypercalcémie, ce qui oriente d’emblée la démarche : confirmation de l’anomalie de la calcémie, correction en fonction de l’albumine ou mesure du calcium ionisé, puis dosage de la PTH comme principal élément discriminant. Toutefois, l’âge avancé augmente également la probabilité de diagnostics alternatifs, notamment d’une hypercalcémie liée à une affection néoplasique ou à un traitement, et l’évaluation doit donc rester systématique.

Parallèlement, l’hyperparathyroïdie secondaire est très fréquente chez la personne âgée, car même une maladie rénale chronique modérée réduit la production de calcitriol et perturbe l’équilibre phosphaté, ce qui stimule durablement les glandes parathyroïdes. À cela s’ajoute la carence en vitamine D, favorisée par une moindre exposition solaire, une diminution de la synthèse cutanée, une alimentation sous-optimale et les comorbidités. Par conséquent, une augmentation de la PTH chez la personne âgée ne correspond pas automatiquement à une hyperparathyroïdie primaire. La distinction entre une forme primaire et une forme secondaire constitue une étape diagnostique essentielle, avec des implications thérapeutiques radicalement différentes.

L’hypoparathyroïdie est moins fréquente comme affection primitive chez la personne âgée, mais elle devient cliniquement importante en raison de l’augmentation du nombre d’interventions cervicales et des antécédents de thyroïdectomie ou de parathyroïdectomie. La personne âgée est également plus vulnérable aux complications du traitement substitutif conventionnel par calcium et vitamine D active, notamment à l’hypercalciurie, à la néphrocalcinose et à la dégradation de la fonction rénale. Les objectifs thérapeutiques doivent donc être davantage axés sur la sécurité que sur la normalisation stricte des valeurs biologiques.

Physiopathologie chez la personne âgée

La physiopathologie parathyroïdienne chez la personne âgée doit être interprétée comme un système dans lequel la réserve fonctionnelle des trois principaux compartiments cibles, l’os, le rein et l’intestin, est réduite ou plus variable. L’os de la personne âgée est souvent caractérisé par une perte de masse, une détérioration de la microarchitecture et, dans certaines situations, une augmentation du remodelage, ce qui accroît la vulnérabilité aux fractures même en présence de variations relativement modestes du signal de la PTH. Dans l’hyperparathyroïdie primaire, l’exposition chronique à des concentrations de PTH inappropriées favorise une augmentation du remodelage avec diminution de la densité minérale, notamment au niveau cortical, et contribue au risque fracturaire ainsi qu’à la perte de force musculaire, qui se traduisent chez la personne âgée par des chutes et une perte fonctionnelle.

Le rein constitue le deuxième déterminant majeur. Avec l’âge, le débit de filtration glomérulaire diminue fréquemment et les comorbidités susceptibles de modifier la gestion tubulaire du calcium et du phosphate deviennent plus nombreuses. Dans l’hyperparathyroïdie primaire, l’association d’une hypercalcémie et d’une hypercalciurie favorise la lithiase et la néphrocalcinose. Même en l’absence de lithiase cliniquement manifeste, l’hypercalcémie chronique peut contribuer à la dégradation de la fonction rénale d’un organe déjà vulnérable. Dans l’hyperparathyroïdie secondaire, en revanche, le rein est lui-même à l’origine de l’augmentation de la PTH par diminution de la production de calcitriol, rétention de phosphate et perturbations du métabolisme osseux minéral, créant une boucle de rétroaction susceptible de progresser.

La vitamine D est enfin un régulateur central. La carence en 25-hydroxyvitamine D augmente la sécrétion de PTH par un mécanisme compensatoire et peut aggraver la fragilité osseuse. Chez la personne âgée, toutefois, la correction de la carence en vitamine D doit être intégrée au diagnostic étiologique, car la supplémentation est souvent appropriée dans l’hyperparathyroïdie primaire, mais exige de la prudence et une surveillance de la calcémie, tandis qu’elle peut être sans intérêt ou même trompeuse dans une hypercalcémie non médiée par la PTH. Le point essentiel est que la personne âgée présente une plus grande variabilité des points d’équilibre physiologiques et des réponses des organes cibles. Les valeurs biologiques doivent donc être interprétées dans leur contexte et non de manière automatique.

Présentations cliniques chez la personne âgée

Chez la personne âgée, les troubles parathyroïdiens se présentent rarement sous leur forme classique. L’hyperparathyroïdie primaire peut se manifester par des symptômes non spécifiques tels qu’une asthénie, une diminution des performances physiques, des troubles de l’humeur, des difficultés de concentration et une aggravation de la fragilité. Bien que ces manifestations ne soient pas pathognomoniques, elles sont cliniquement pertinentes parce qu’elles peuvent s’améliorer après un traitement définitif dans certains sous-groupes et qu’elles contribuent à la prise de décision partagée, en particulier lorsque les anomalies biochimiques sont légères mais que l’impact fonctionnel est important.

L’atteinte osseuse est souvent la composante la plus importante sur le plan clinique : une ostéopénie ou une ostéoporose, des fractures de fragilité, des douleurs osseuses, une diminution de la taille et une cyphose peuvent constituer le premier signe d’un excès chronique de PTH ou d’un trouble minéral et osseux associé à la maladie rénale chronique (CKD-MBD) avec hyperparathyroïdie secondaire. Chez la personne âgée, la coexistence d’une ostéoporose postménopausique, d’une sarcopénie et d’une carence en vitamine D peut conduire à attribuer l’ensemble des anomalies au vieillissement, alors qu’une partie des patients présente une composante endocrinienne corrigeable capable de modifier l’évolution du risque fracturaire.

Sur le plan rénal, la lithiase peut être absente ou silencieuse, notamment lorsque le patient ne rapporte pas de coliques néphrétiques ou prend des antalgiques pour d’autres raisons. Dans ce contexte, la recherche d’une néphrolithiase ou d’une néphrocalcinose par une imagerie appropriée, lorsqu’elle est indiquée, peut modifier la stratégie thérapeutique, car l’atteinte rénale représente un marqueur important de sévérité et une indication forte de traitement définitif dans l’hyperparathyroïdie primaire.

L’hypoparathyroïdie peut être plus instable sur le plan clinique chez la personne âgée : paresthésies, crampes, tremblements, instabilité posturale et confusion peuvent être attribués à tort à une neuropathie, à des traitements ou à un déclin cognitif. En présence d’une hypocalcémie, le risque d’allongement de l’intervalle QT et d’arythmie est particulièrement important chez les patients présentant une cardiopathie ou une polymédication. Dans ce contexte, la stabilité du calcium ionisé devient une priorité de sécurité plutôt qu’un objectif numérique absolu.

Quand suspecter un trouble parathyroïdien chez la personne âgée

La suspicion clinique naît souvent d’une anomalie biologique. Une hypercalcémie confirmée, même légère, surtout lorsqu’elle est persistante, impose toujours de distinguer les causes médiées par la PTH des causes non médiées par la PTH. Chez la personne âgée, cette distinction est particulièrement importante, car l’hyperparathyroïdie primaire est fréquente mais ne constitue pas la seule cause. Une perte de poids, une anémie, des douleurs osseuses diffuses ou une détérioration clinique rapide peuvent suggérer une autre étiologie. L’étape essentielle consiste à doser la PTH et à l’interpréter correctement : une PTH élevée ou anormalement normale en présence d’une hypercalcémie oriente fortement vers une hyperparathyroïdie primaire ou, plus rarement, vers une forme liée à un traitement tel que le lithium ; une PTH supprimée oriente au contraire vers une cause non parathyroïdienne.

La suspicion d’hyperparathyroïdie secondaire repose en revanche sur une PTH élevée en présence d’une calcémie normale ou basse, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une diminution de la fonction rénale, d’une hyperphosphatémie ou d’une carence en vitamine D. Chez la personne âgée, une PTH élevée ne doit pas être banalisée comme une simple conséquence de l’âge : la réponse peut être appropriée, mais elle peut également signaler une CKD-MBD évolutive ou un déséquilibre minéral non corrigé qui augmente le risque de fractures, de calcifications vasculaires et de déclin fonctionnel.

L’hypoparathyroïdie doit être rapidement évoquée lorsqu’une hypocalcémie est associée à une hyperphosphatémie et à une PTH basse ou anormalement normale, notamment après une chirurgie thyroïdienne, parathyroïdienne ou une autre intervention cervicale. Chez la personne âgée, le seuil de suspicion doit être bas, car les symptômes peuvent être discrets alors que les conséquences cardiaques et neurologiques peuvent être importantes.

    Situations typiques dans lesquelles une personne âgée nécessite une évaluation parathyroïdienne structurée

  • Hypercalcémie persistante avec PTH non supprimée, même légère et asymptomatique.
  • Ostéoporose ou fractures de fragilité avec PTH élevée et carence en vitamine D ou maladie rénale chronique.
  • Dégradation de la fonction rénale, néphrolithiase ou néphrocalcinose associée à des anomalies du calcium et du phosphate.
  • Hypocalcémie postchirurgicale avec PTH basse et symptômes neuromusculaires ou allongement de l’intervalle QT.

Ces situations ne permettent pas à elles seules d’établir le diagnostic, mais elles réduisent le risque de l’erreur la plus fréquente chez la personne âgée : attribuer à l’âge et aux comorbidités un tableau comportant en réalité une composante endocrinienne corrigeable, ou commencer un traitement empirique sans évaluation complète du calcium, du phosphate, du magnésium, de la vitamine D et de la fonction rénale.

Examens et diagnostic

Le diagnostic des troubles parathyroïdiens chez la personne âgée est avant tout biochimique. En présence d’une hypercalcémie, la confirmation nécessite de répéter la mesure et d’évaluer le calcium corrigé en fonction de l’albumine ou le calcium ionisé. L’étape suivante est le dosage de la PTH. Lorsque la PTH est élevée ou anormalement normale, la probabilité d’une hyperparathyroïdie primaire est forte et l’évaluation doit comprendre la 25-hydroxyvitamine D, la créatinine avec estimation du débit de filtration glomérulaire, le phosphate et l’excrétion urinaire du calcium, car le diagnostic différentiel inclut l’hypercalcémie hypocalciurique familiale, dans laquelle l’excrétion urinaire du calcium est généralement basse et la stratégie thérapeutique radicalement différente.

L’évaluation de l’atteinte des organes cibles fait partie intégrante de l’appréciation fonctionnelle de la sévérité. Sur le plan osseux, la densitométrie et la recherche de fractures vertébrales, y compris infracliniques, sont particulièrement importantes chez la personne âgée, car la présence de fractures modifie le risque et les indications thérapeutiques. Sur le plan rénal, la recherche d’une néphrolithiase ou d’une néphrocalcinose et l’évaluation de la fonction rénale sont essentielles, car la personne âgée est plus vulnérable à la dégradation rénale et l’atteinte rénale fait partie des critères orientant vers un traitement définitif dans l’hyperparathyroïdie primaire.

Dans l’hyperparathyroïdie secondaire, le diagnostic exige de démontrer le contexte causal : maladie rénale chronique avec anomalies du métabolisme minéral, carence en vitamine D, malabsorption ou utilisation de traitements influençant le métabolisme du calcium et de la vitamine D. Dans ce contexte, l’interprétation de la PTH ne doit pas viser à normaliser une valeur isolée, mais à évaluer son évolution et sa cohérence avec le calcium et le phosphate au fil du temps, conformément aux recommandations internationales relatives à la CKD-MBD, car la variabilité biologique et thérapeutique est importante chez la personne âgée.

Le rôle de l’imagerie parathyroïdienne est souvent mal compris. L’échographie, la scintigraphie et les autres techniques de localisation ne permettent pas d’établir le diagnostic d’hyperparathyroïdie primaire et ne doivent pas précéder la confirmation biochimique. Leur fonction est préopératoire et consiste à planifier une intervention ciblée lorsque la décision chirurgicale a déjà été prise. Chez la personne âgée, cette approche réduit les examens inutiles et concentre les ressources sur les éléments qui modifient réellement la prise en charge : confirmation d’un trouble médié par la PTH, évaluation de l’atteinte des organes cibles et appréciation du risque chirurgical et du bénéfice attendu.

Classification clinique

Une classification utile chez la personne âgée doit être orientée vers le mécanisme et la décision thérapeutique. L’hyperparathyroïdie primaire est caractérisée par une hypercalcémie associée à une PTH élevée ou non supprimée et résulte d’une sécrétion autonome d’une ou de plusieurs glandes. Il s’agit de la forme la plus caractéristique de l’âge avancé. Elle se présente souvent sous une forme légère, mais peut néanmoins affecter l’os, le rein et les performances physiques.

L’hyperparathyroïdie secondaire est une réponse adaptative à une hypocalcémie relative ou à des signaux liés à une carence en vitamine D ou à une CKD-MBD. Chez la personne âgée, les causes les plus fréquentes sont la maladie rénale chronique et la carence en vitamine D, souvent associées. La forme tertiaire correspond à l’évolution vers une sécrétion autonome après une stimulation chronique, généralement dans le cadre d’une maladie rénale chronique avancée ou après une transplantation rénale. Elle peut entraîner une hypercalcémie avec PTH élevée et nécessite des stratégies spécifiques.

L’hypoparathyroïdie de la personne âgée est principalement acquise et souvent postchirurgicale. Sa classification pratique dépend de sa stabilité dans le temps et du risque de complications rénales : les formes postopératoires transitoires tendent à se résoudre, tandis que les formes persistantes nécessitent une prise en charge chronique avec des objectifs de sécurité et une surveillance étroite de la calcémie, de la phosphatémie et de la calciurie.

Traitement chez la personne âgée

Chez le patient âgé présentant une hyperparathyroïdie primaire, le traitement repose sur le principe selon lequel la parathyroïdectomie est la seule option curative, mais la décision doit intégrer les indications, le bénéfice attendu et le risque opératoire dans un contexte de fragilité et de comorbidités. Les recommandations internationales les plus récentes définissent les critères d’intervention en fonction de la sévérité biochimique, de l’atteinte osseuse et rénale, de l’âge et des préférences du patient. Chez la personne âgée, l’âge ne constitue pas en lui-même une contre-indication, mais l’évaluation doit prendre en compte la réserve cardiopulmonaire, le risque anesthésique et le bénéfice fonctionnel attendu. Il est cliniquement important de souligner que, dans la pratique, de nombreuses personnes âgées remplissant les critères chirurgicaux ne sont pas opérées, souvent en raison d’obstacles liés à la fragilité et à la multimorbidité, même lorsque la maladie est potentiellement curable.

Lorsque la chirurgie est indiquée et réalisable, son intérêt chez la personne âgée ne se limite pas à normaliser la calcémie. Elle peut réduire le risque de progression de l’atteinte des organes cibles et améliorer l’évolution fonctionnelle chez certains patients. Des données suggèrent une amélioration des capacités fonctionnelles chez des personnes âgées apparemment asymptomatiques, ce qui est particulièrement important lorsque les symptômes sont masqués par la fragilité ou attribués à l’âge. La sélection des patients est essentielle : il convient d’identifier ceux qui présentent le meilleur rapport bénéfice-risque et de réaliser l’intervention dans des centres expérimentés, car la qualité du geste chirurgical constitue l’un des principaux déterminants du résultat.

Lorsque la chirurgie n’est pas indiquée ou n’est pas réalisable, le traitement médical vise à contrôler les deux principaux domaines : l’hypercalcémie et la fragilité osseuse. Les calcimimétiques tels que le cinacalcet peuvent réduire la calcémie dans de nombreuses formes d’hyperparathyroïdie primaire et représentent une option chez les patients non opérables ou en attente d’une intervention, avec surveillance de la tolérance et de la réponse. Sur le plan osseux, des traitements antirésorptifs tels que les bisphosphonates ou le dénosumab peuvent être envisagés lorsque la fragilité osseuse est prédominante, en tenant compte de la fonction rénale, du risque d’hypocalcémie et de la nécessité d’une prise en charge intégrée du métabolisme minéral. Chez la personne âgée, l’objectif consiste souvent davantage à réduire le risque fracturaire qu’à normaliser complètement la PTH, ce qui impose de distinguer clairement le traitement de l’hypercalcémie de celui de l’atteinte osseuse.

La correction d’une carence en vitamine D est fréquemment appropriée même dans l’hyperparathyroïdie primaire, mais elle exige chez la personne âgée de la prudence et une surveillance de la calcémie, car la supplémentation peut modifier la calciurie et l’équilibre minéral. Les mesures nutritionnelles et comportementales comprennent une hydratation suffisante et, lorsque cela est cliniquement possible, la révision des traitements qui augmentent la calcémie ou compliquent l’interprétation, tels que les diurétiques thiazidiques et le lithium.

Dans l’hyperparathyroïdie secondaire liée à une CKD-MBD, la stratégie est différente et doit suivre les principes des recommandations internationales : contrôle du phosphate, correction de la carence en vitamine D, utilisation d’analogues de la vitamine D et de calcimimétiques dans les situations appropriées, tout en évitant les corrections agressives susceptibles d’augmenter le risque d’hypercalcémie, d’hyperphosphatémie ou de calcifications vasculaires. Chez la personne âgée présentant une maladie rénale chronique, la variabilité thérapeutique est importante et la prise en charge doit être individualisée, car la priorité est de réduire les événements cliniquement significatifs, tels que les fractures et la progression des lésions vasculaires, plutôt que de poursuivre des objectifs biologiques isolés.

Dans l’hypoparathyroïdie de la personne âgée, le traitement conventionnel par calcium et vitamine D active demeure central, mais il doit être conduit selon des objectifs de sécurité. Il est souvent préférable de maintenir la calcémie dans la partie basse de l’intervalle normal ou légèrement en dessous, afin de réduire le risque d’hypercalciurie et de complications rénales. Chez la personne âgée, une attention particulière doit être portée aux diurétiques, à la fonction rénale et à l’état d’hydratation, car de faibles erreurs thérapeutiques peuvent entraîner des événements cliniques importants.

Suivi chez la personne âgée

Le suivi doit être guidé par les facteurs qui modifient le pronostic. Dans l’hyperparathyroïdie primaire prise en charge de manière conservatrice, la surveillance comprend la calcémie, la fonction rénale, la vitamine D et une évaluation périodique du risque osseux, avec densitométrie et recherche de fractures vertébrales lorsque cela est cliniquement indiqué. Chez la personne âgée, la fréquence des contrôles doit être adaptée à la stabilité biochimique et au niveau de risque : un patient fragile présentant une calcémie fluctuante ou recevant un traitement médical nécessite une surveillance plus rapprochée qu’un patient dont la maladie est stable.

Chez les patients traités par calcimimétiques, le suivi doit vérifier la stabilité de la calcémie et l’absence d’hypocalcémie iatrogène, tout en intégrant l’évaluation du risque osseux, car la correction de l’hypercalcémie n’équivaut pas à une protection du squelette. Chez les patients recevant un traitement antirésorptif, la surveillance doit prendre en compte la fonction rénale et, avec le dénosumab, le risque d’hypocalcémie, notamment en présence d’une maladie rénale chronique ou d’un statut vitaminique D insuffisant.

Dans l’hyperparathyroïdie secondaire liée à une maladie rénale chronique, la surveillance doit être intégrée à la prise en charge néphrologique et tenir compte de l’évolution de la PTH, du calcium et du phosphate, en évitant les modifications thérapeutiques réactives fondées sur un prélèvement isolé. Chez la personne âgée, l’observance des traitements et la tolérance digestive des chélateurs du phosphate peuvent être à l’origine d’une instabilité, et le suivi doit comporter une évaluation réaliste du traitement effectivement suivi.

Dans l’hypoparathyroïdie, le suivi est avant tout orienté vers la sécurité : calcémie, phosphatémie, calciurie lorsqu’elle est indiquée et fonction rénale. La personne âgée est plus exposée à la néphrocalcinose et à la diminution du débit de filtration glomérulaire. Le traitement doit donc être continuellement ajusté afin de réduire l’exposition à l’hypercalciurie et à l’hypercalcémie, tout en maintenant un contrôle satisfaisant des symptômes.

Pronostic chez la personne âgée

Le pronostic dépend de l’étiologie et de la qualité de la prise en charge. De nombreuses personnes âgées présentant une hyperparathyroïdie primaire légère peuvent être suivies de manière conservatrice en l’absence de critères de sévérité et lorsque le suivi est fiable. Toutefois, la réserve fonctionnelle des organes est plus faible chez la personne âgée, de sorte qu’une exposition chronique identique à l’hypercalcémie et à la PTH peut avoir un impact plus important sur le risque fracturaire, la fonction rénale et les performances physiques que chez l’adulte jeune. Le pronostic est donc plus dynamique et dépend de l’évolution de la fragilité ainsi que de la survenue d’événements sentinelles tels que les fractures et la dégradation de la fonction rénale.

Lorsque la parathyroïdectomie est réalisable et indiquée, le pronostic peut s’améliorer de manière substantielle, car le traitement définitif interrompt le mécanisme physiopathologique sous-jacent. Chez la personne âgée, le bénéfice est souvent mesuré en termes de prévention des fractures, de stabilisation de la fonction rénale et d’amélioration fonctionnelle plutôt qu’en années de survie. Le pronostic doit donc être discuté sous l’angle de la qualité de vie et du maintien de l’autonomie.

Dans l’hyperparathyroïdie secondaire liée à une maladie rénale chronique, le pronostic est principalement déterminé par la maladie rénale et par le risque cardiovasculaire et osseux associé à la CKD-MBD. Une prise en charge appropriée du métabolisme minéral peut réduire les complications, mais l’objectif réaliste chez la personne âgée consiste à limiter la progression et l’instabilité tout en évitant les traitements qui favorisent l’hypercalcémie ou les calcifications. Dans l’hypoparathyroïdie, le pronostic dépend de la capacité à maintenir un équilibre stable et sûr, à prévenir les complications rénales iatrogènes et à assurer le contrôle des symptômes avec une charge thérapeutique compatible avec l’observance et la fragilité.

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